Un plateau de fromage. © DRL'article phare du projet de loi de réforme de l'audiovisuel, dont la discussion s'éternise à l'Assemblée, prévoit la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, entre 20 heures et 6 heures... à l'exception des spots relatifs à des "biens ou services présentés sous leur appellation générique". Une expression qui a donné ce vendredi un nouvel angle d'attaque pour la gauche, qui se livre à une guerre d'usure contre le texte. Motif : cette définition est trop imprécise. L'opposition redoute en outre qu'il s'agisse là d'une manoeuvre pour retarder l'heure de démarrage des programmes, de manière à ne pas gêner les chaînes privées. Dans une vingtaine d'amendements, le PS a donc décliné une liste de produits d'appellation contrôlée : produits ovins et bovins, bovins tels le boeuf, le veau, l'agneau de pré salé, poulet de Bresse, saumons, bars à la ligne mais aussi fromages de vache, de chèvre, de brebis sans oublier les fruits dont la pomme et la banane.
"Nous ouvrons une brèche énorme", s'est exclamé Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), opposé lui aussi à la suppression de la publicité et invité à défendre les amendements PS - qui n'ont pas été adoptés. "On a choisi l'humour pour démontrer l'inanité du dispositif", a commenté Marcel Rogemont (PS) dans les couloirs. La ministre de la Culture Christine Albanel a apprécié : "j'ai noté avec une immense tristesse que les crustacés n'étaient pas dans vos propositions", a-t-elle ironisé. Mais elle n'a "guère de doute sur la notion de produits génériques : c'est le terme commun qui désigne un service ou un produit par rapport à sa marque".
La publicité supprimée aussi sur RFO ?
Accusant une nouvelle fois l'opposition de faire de "l'obstruction", Christine Albanel a ironisé, en jugeant "extraordinaire" que l'on aille imaginer "que le gouvernement puisse acheter des espaces pour les artichauts et tout de sorte de produits rien que pour favoriser TF1". Mais pour Marcel Rogemont il s'agit bien "de faire en sorte de ne pas faire démarrer les émissions (du service public) trop tôt car cela va gêner TF1".
En fin de séance, les députés n'avaient toujours pas voté cet article controversé. Ils ont toutefois adopté un amendement droite-gauche précisant que la suppression de la publicité ne concernait ni les décrochages locaux de France 3, ni ses décrochages régionaux. Le texte gouvernemental était plus ambigu. Et juste avant de lever la séance, Yves Jégo (Outre-Mer) est venu défendre un amendement prévoyant de supprimer la publicité sur RFO. "Ce n'est pas 450 millions qu'il faut compenser, c'est désormais 468,6 millions", s'est indignée Sandrine Mazetier (PS) en l'interpellant vivement. Mais Yves Jégo a emporté l'adhésion de la majorité qui a voté, par 17 voix contre 10, la suppression de la pub sur RFO.
D'après agence
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