La Une du Parisien avec Jérôme Kerviel le 22 janvier 2009 © DRQui du Parisien ou de l'ancien trader de la Société Général dit la vérité ? Jérôme Kerviel, le trader soupçonné de falsifications au dépens de la Société générale, a affirmé jeudi qu'il réservait ses "déclarations au juge" (qui le reçoit ce jeudi -lire encadré ci-dessous) après la publication d'un entretien dans Le Parisien qu'il conteste. "Je n'ai pas de déclaration à faire pour l'instant", a ajouté Jérôme Kerviel. "Pour l'instant j'ai un objectif, c'est mon audition. J'entends dire que ce pourrait être la dernière, j'espère que non, j'ai encore beaucoup de choses à dire".
Dans la peau de Jérôme Kerviel
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le trader, de ses pensées les plus intimes au contenu de son réfrigérateur.
Publié le 08/09/2008
Evoquant un entretien publié jeudi matin dans Le Parisien qui fait sa Une sur ce scoop, Jérôme Kerviel soutient qu'il n'a "jamais donné d'interview". "Le peu que j'en ai lu m'a fait bondir, je n'ai jamais donné d'interview. Ce sont des phrases sorties de leur contexte, des morceaux mis bout à bout. Ce qui est déclaré dans ce journal n'est pas ma vérité", a-t-il confié. Il a précisé sur RTL que le journal avait utilisé "des propos privés".
Contactée par LCI.fr, Elizabeth Fleury, la journaliste du Parisien, "maintien[t]" l'interview qu'elle a publiée de Jérôme Kerviel. La direction du Parisien/Aujourd'hui en France explique que "ce qui est paru ce matin est le compte-rendu pesé, réfléchi, responsable des six conversations (d'une) journaliste avec Jérôme Kerviel". "Il n'y a aucune matière à polémique, mais je dis halte au bal des hypocrites", a affirmé Dominique de Montvalon, directeur adjoint de la rédaction. "Nous avons le sentiment d'avoir servi l'information et pas desservi M. Kerviel", a-t-il ajouté.
"Instruction sponsorisée", écrit le Parisien citant Kerviel
Cet entretien a été publié le jour de ce qui devrait être la dernière audition du trader par les juges d'instruction Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset avant la clôture de leur enquête, selon des sources proches du dossier. Dans cette longue interview, les propos attribués à Jérôme Kerviel font notamment état de son "sentiment d'une instruction sponsorisée par la Société générale".
"C'est elle qui fournit les pièces sur lesquelles s'appuie le juge Renaud van Ruymbeke. Les expertises indépendantes que nous réclamons sont refusées", affirme Kerviel dans cet entretien au Parisien qu'il dénonce. "Rien ne semble ébranler la thèse du magistrat. (...) Mes supérieurs ne se sont pas contentés d'être négligents dans leurs contrôles. Ils savaient ce que je faisais, ils m'ont laissé faire, ils m'ont même encouragé à continuer", soutient-il encore d'après le texte de cet entretien. "Je me demande si ce n'est pas un coup monté de sortir cette fausse interview aujourd'hui", s'est interrogé Jérôme Kerviel.
| Nouvelle audition de Kerviel par les juges |
Jérôme Kerviel a été auditionné une nouvelle fois jeudi au terme de l'enquête au pôle financier du tribunal de Paris. Il était confronté dans la matinée à son ancien supérieur hiérarchique direct, Eric Cordelle, puis devait être interrogé dans l'après-midi par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke. En fin d'après-midi, à l'issue de la confrontation entre Jérôme Kerviel et son supérieur direct Eric Cordelle, l'un de ses avocats Me Eric Dupond-Moretti a estimé que le trader restait "seul avec sa responsabilité pénale" (voir la vidéo). "Cette confrontation a pour but de démontrer que Jérôme Kerviel est aujourd'hui bien seul, que les chefs (de la Société Générale, ndlr) n'ont pas exercé leur fonction de chef et pas contrôlé ce qu'ils devaient contrôler", a expliqué l'avocat tout en estimant que la confrontation "s'est bien passée". "On rappelle à celui qui est en face de nous (Eric Cordelle) que (ses) supérieurs ont dit qu'il devait contrôler. Lui dit : ‘Non, c'est les chefs qui devaient contrôler'. On ne sait plus véritablement qui fait quoi et Jérôme reste seul avec sa responsabilité pénale, bien seule et bien lourde", a ajouté le conseil. "Autant dire les choses clairement : Kerviel n'est pas une victime, il reconnaît un certain nombre de choses. Mais les mécanismes de contrôle et j'allais dire d'assistance, n'ont pas fonctionné du tout au sein de la Société Générale", a résumé Me Dupond-Moretti, pour qui la banque "savait un certain nombre de choses". Cette audition devrait constituer l'un des derniers actes d'instruction des juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset avant qu'ils ne bouclent leur enquête, même si Jérôme Kerviel et ses avocats espèrent la voir se poursuivre. L'instruction de l'affaire devrait se terminer sans autres mises en examen et se diriger ensuite vers un procès. Jérôme Kerviel est mis en examen pour "abus de confiance, faux" et intrusion informatique. Il n'y a qu'une seule autre personne poursuivie, son ancien assistant Thomas Mougard, qui serait impliqué dans la passation de certains ordres litigieux. |
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