Nicolas Sarkozy lors de son discours sur les états généraux de la presse le 23 janvier 2009 © LCI/TF1"Il n'y a pas de fatalité", a estimé vendredi le chef de l'Etat lors de la clôture des états généraux de la presse, lancés le 2 octobre dernier pour venir en aide à ce secteur sinistré. Parmi les sept chantiers que souhaite mener Nicolas Sarkozy pour venir en aide à un secteur en crise, la presse en ligne et le réseau de distribution bénéficient d'une attention particulière de l'Etat.
- Internet : "La presse doit prendre le virage d'internet"
Le président de la République a annoncé la création d'un statut d'éditeur de presse en ligne et l'augmentation de l'aide de l'Etat au développement des journaux sur internet. Ce "statut d'éditeur en ligne" sera fondé sur les critères définis par les états généraux, "en particulier l'emploi de journalistes professionnels et le caractère journalistique du traitement de l'information".
Ce statut "consacrera un régime de responsabilité exigeant" et ouvrira droit au régime fiscal des entreprises de presse, a-t-il ajouté en indiquant également que "les éditeurs en ligne seront exonérés de taxes professionnelles". A cet égard, le chef de l'Etat a précisé que la France allait "poursuivre le travail de conviction engagé de ses partenaires européens pour que les taux réduits de TVA soient étendus à la presse en ligne". Les aides de l'Etat au développement de la presse en ligne seront "renforcées", a-t-il également indiqué.
- Un abonnement gratuit l'année des 18 ans
Nicolas Sarkozy a soutenu l'idée de "permettre à tout jeune de 18 ans de bénéficier, l'année de sa citoyenneté, d'un abonnement gratuit à un quotidien de son choix, le journal étant payé par l'éditeur, le transport par l'Etat". "L'habitude de lire la presse se prend très jeune", a-t-il fait valoir tout en faisant part de son souhait de développer la lecture dans les établissements scolaires. "J'ai hésité sur cette question, à cause du poids du numérique parmi ces générations", a avoué le chef de l'Etat. "Cela me semblait contradictoire d'essayer d'attirer les jeunes par une subvention, plutôt que par la qualité des contenus". Mais Nicolas Sarkozy a dit s'être "laissé convaincre par la réussite de l'expérience, là ou elle été menée". L'expérience "a justement obligé les titres concernés à faire des efforts éditoriaux, et à proposer des offres novatrices mêlant internet et le papier", a souligné M. Sarkozy. "C'est à cette condition que cette idée peut être une idée positive".
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- Deux mesures d'urgence
Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise. "Le manque à gagner pour la Poste sera intégralement compensé par l'Etat", a précisé le chef de l'Etat. Le coût de cette mesure est de l'ordre de 12 millions d'euros. Par ailleurs, l'Etat réserve 20% de ses dépenses de communication à la presse écrite, selon le livre vert. Un doublement de cette part représenterait une progression de 20 millions d'euros par rapport à 2008. Mais la presse numérique bénéficiera elle aussi de cette nouvelle enveloppe.
- Distribution : "Le portage est la clé de presse quotidienne"
"Dès le mois prochain", l'aide directe de l'Etat au portage des journaux à domicile passera de 8 à 70 millions d'euros et les charges sociales patronales des sociétés de portage seront supprimées "pour tous les porteurs au niveau du Smic", a déclaré Nicolas Sarkozy. Les marchands de journaux "bénéficieront d'une mesure de soutien correspondant à une exonération de 30% de leurs cotisations sociales personnelles, soit en moyenne 4000 euros par exploitant" par an, a promis Nicolas Sarkozy, tout en précisant qu'il s'agissait d'une mesure "temporaire".
- Une nouvelle conception des droits d'auteur
Tout en annonçant d'entrée qu'il faudra "aller plus loin plus tard", le président juge "équilibrée" la proposition en matière de droits d'auteur qui consiste à "remplacer un droit lié à un support par un droit lié à un temps d'exploitation de 24 heures". La ministre de la Culture Christine Albanel "proposera aux législateurs cette solution dans les meilleurs délais", selon M. Sarkozy.
- Imprimerie : réduire de 30 à 40% le coût de l'impression
"Les partenaires sociaux (...) ont manifesté leur intention de négocier un nouveau contrat social au sein des imprimeries de presse", avec pour objectif "ambitieux" de réduire de 30 à 40% le coût de l'impression, a déclaré Nicolas Sarkozy qui a exprimé la "satisfaction de l'Etat".
- Ouvrir les capitaux aux investisseurs
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi qu'il allait lever, via des "conventions bilatérales", le seuil maximal de 20% de capital pour un investisseur non-communautaire dans une entreprise de presse française, afin de remédier au problème de "sous-capitalisation, "une des causes majeures de la crise de la presse". Pour "renforcer" les fonds propres des entreprises de presse, le chef de l'Etat a annoncé l'extension de la loi Sapin de 1993, relative aux procédures d'achat d'espaces publicitaires, "à tout le hors-média et à toute la publicité qui transite sur internet, afin de mettre la presse en situation égale dans l'accès au marché publicitaire". "Nous allons inciter les particuliers à faire des dons aux entreprises de presse", via des exonérations fiscales qui "permettront de défiscaliser les deux tiers de l'argent" investi, a-t-il ajouté.
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