Otages : les propos de Guéant font polémique

le 18 janvier 2010 à 10h36 , mis à jour le 28 juillet 2010 à 10h58

Dossier : Otages français

Plusieurs syndicats de journalistes se sont élevés contre les propos du secrétaire général de l'Elysée qui a estimé que le "scoop ne devait pas être recherché à tout prix". Bernard Kouchner temporise.

Claude GuéantClaude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, invité le 6 juillet du Grand Rendez-vous © Europe 1/TV5 Monde/Le Parisien

"Je sais que dans certains métiers, le journalisme en particulier, on doit prendre des risques (...) Maintenant, nous en parlerons quand ils seront sortis", a déclaré lundi matin Bernard Kouchner sur France Info. Le chef de la diplomatie française a voulu calmer un peu le jeu, après l'indignation de plusieurs syndicats de journalistes après les propos de Claude Guéant dimanche. Le secrétaire général de l'Elysée avait estimé dimanche que le "scoop ne devait pas être recherché à tout prix" . Il a confirmé que l'enlèvement des journalistes avait suscité la colère du président Nicolas Sarkozy qui a dénoncé à leur propos une "imprudence vraiment coupable".

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RSF et plusieurs syndicats de journalistes se sont élevés contre ces propos."Comment peut-on, trois semaines après la disparition de nos confrères, continuer de les accuser d'avoir fait leur métier", s'est indigné auprès de l'AFP Jean-François Téaldi, secrétaire général du SNJ-CGT de France Télévisions. "Ces déclarations sont odieuses, tant à l'encontre de nos deux camarades, qu'à l'encontre de l'ensemble de la profession", a-t-il estimé, soulignant que les journalistes "n'étaient pas à la recherche d'un scoop mais ne faisaient que leur métier". M. Téaldi a également demandé à la direction de France Télévisions de tenir informée la rédaction sur "les initiatives prises par la présidence de la République" à l'égard des deux journalistes. "Les journalistes font leur travail, que les politiques fassent le leur", s'est indignée Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ, estimant que "c'était tout à l'honneur des journalistes d'aller exercer leur profession là où c'est le plus nécessaire".

Le SNJ juge "inacceptable de parler de coût quand un Français, quel qu'il soit, est en difficulté à l'étranger", estimant que "la France s'honore encore de porter un secours sans conditions à tous ses ressortissants". Le syndicat demande à tous les journalistes d'apporter leur soutien à leurs confrères et de "s'assurer auprès des pouvoirs publics que les efforts pour les libérer se poursuivent sans discontinuer". Dans un communiqué, Reperters sans frontières (RSF) a jugé les déclarations de M. Guéant "choquantes" et sollicité un rendez-vous officiel à l'Elysée. "Désigner les journalistes comme des hommes qui prennent des risques inconsidérés et qui reviennent cher à l'armée et aux contribuables, Monsieur Guéant, érode le soutien dont ils devraient bénéficier", écrivent Dominique Gerbaud, président de la section française de RSF et Jean-François Julliard, secrétaire général de l'organisation.

La Société des journalistes de France 3 s'est déclarée "scandalisée" par les propos de Claude Guéant. "Cette grave remise en cause de nos collègues, kidnappés dans l'exercice de leur métier, révèle un cynisme effrayant. Le conseiller Guéant choisit de polémiquer, alors que leur vie est actuellement en danger", a souligné la SDJ dans un communiqué. Pour la SDJ de France 3 "en communiquant sur le "coût" supposé des recherches entreprises pour nos collègues et leurs accompagnateurs, le conseiller Guéant ne craint ni l'outrance, ni l'indécence". La SDJ déplore également "le mutisme absolu de la présidence de France Télévisions, alors que le professionnalisme de deux de ses journalistes est gravement remis en cause".

La journaliste Florence Aubenas, ex-otage en Irak, a pour sa part jugé lundi "très blessant" le commentaire de Claude Guéant. "Je trouve cela très blessant, et pour eux et pour les familles. J'espère très profondément qu'on ne leur fera pas entendre cela, parce que c'est pour eux un motif de désespoir terrible", a-t-elle indiqué lors d'une interview sur Public Sénat.

le 18 janvier 2010 à 10:36
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31 Commentaires

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  • halx, le 19/01/2010 à 13h04

    Et si Guéant faisait autre chose que la recherche de petites phrases???

  • colst03, le 19/01/2010 à 03h00

    Un juste milieu doit etre trouvé entre le droit à l'information et la vie de nos concitoyens (journaliste et miltaires), je ne cautionne pas nécessairement les propos de M. Gueant mais pourrait-on débattre d'un sujet important en France sans s'indigner a tout bout de champs, cette mode lancée par des socialistes sans programme devient vraiment pénible ?

  • clementine1218, le 19/01/2010 à 02h32

    C'est écrit dans l'article , le secrétaire général de l'Élysée ! sinon vous tapez claude guéant et vous trouvez tous les renseignements que vous voulez en 1 voir 2 clics.

  • bruno-velizy, le 18/01/2010 à 18h47

    De toutes façons, maintenant tout le monde est choqué par tout... France, pays de la liberté ? Certainement pas d'expression...

  • legaulois560, le 18/01/2010 à 18h35

    @an.ne: vous êtes cruelle! j'ai bien aimé le slogan pré-mâché qui ne vaut pas mioeux que le slogan foireux!!.......

  • hc46, le 18/01/2010 à 18h08

    Les familles de militaires apprecient ce que dit Mr Guéant.Surtout celles de ceux qui sont morts ou qui risquent de mourir pour ces olibrius.

  • hc46, le 18/01/2010 à 18h05

    Alors il faut aussi interdire à Ségolène de parler car les français n'ont pas voté pour elle non plus

  • phcaax, le 18/01/2010 à 17h26

    D'accord avec vous sauf que pour Guéant cela est bien différent !! en fait c'est lui qui est le véritable artisan de la diplomatie Française et de la politique étrangère !! il travaille en sous-marin depuis longtemps et passe quasi tous ses week-ends à négocier, intervenir à l'étranger pour le compte de NS et non pas pour Kouchner, lui n'est qu'une vitrine l'ouverture vooulue par Sarkosy !!difficile à croire, mais c'est la vérité, certains magasines ont en fait l'écho mais visiblement cela est passé inaperçu ! donc il maîtrise parfaitement le sujet et s'est donné le droit d'intervenir. Maintenant s'agissant de cet article, et au delà de toute considération lié au métier de journaliste, les propos de Guéant ne me paraissent pas choquants !! ce gouvernement doit gérer une prise d'otages dont l'issue est incertaine et qui bouleverserai l'opinion publique. Imaginez une éxecution comme d'autres l'ont été, filmée !! la France, sauf erreur de ma part, n'a jamais eu à affronter tel cas !! c'est en cela que NS s'est énervé et que Guéant a eu ces propos. Et je pense qu' en ce moment, nos otages doivent regretter l'abnégation à leur métier, ce serait une réaction humaine face à une mort éventuelle. oui à la liberté d'expression et d'information mais pas à n'importe quel prix, surtout lorsque la France met en garde ses ressortissants, civils ou non ! sauf que dans les médias, écrits ou parlés, dans les services éditoriaux, la pression auprès des journalistes de terrain existe pour dénicher en premier l'article qui pourrait faire vendre ! ne soyons pas naïfs, c'est une réalité les pressions exercée dans les entreprises, publiques ou privées !!

  • syberya, le 18/01/2010 à 16h56

    Cou cou Capitaine Haddok!! que le grrrand crrric me crrroque si ce n'est pas de la provocation!! chouette je vais pouvoir compter les points..hihi, Au fait une question me turlupine: vôtre touche "." a t-elle le hoquet? (...) :o))). Cordiales salutation à vous..syberya

  • deadpool59, le 18/01/2010 à 16h55

    Ca fait polémique mais la majorité du peuple est d'accord avec lui, alors messieurs les journalistes réfléchissez-y!

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