A gauche : l'humoriste Stéphane Guillon ; à droite, l'humoriste Didier Porte (montage) © www.abacapress.com et AFP/O. Laban-MatteiVous n'entendrez plus Stéphane Guillon et Didier Porte sur France Inter. Le patron de Radio France Jean-Luc Hees a annoncé mercredi le départ du premier de la matinale de France Inter, jugeant que "l'humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans", dans une interview au Monde.fr. "J'ai eu de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques. Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi", dit Jean-Luc Hees, ajoutant avoir "un certain sens de l'honneur" et ne pouvoir accepter qu'on lui "crache dessus en direct". Par ailleurs, l'humoriste Didier Porte a aussi annoncé à l'AFP qu'il est licencié de France Inter. Il avait reçu récemment un avertissement de sa direction à la suite de sa chronique du 20 mai dernier dans laquelle il mettait en scène l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin insultant le chef de l'Etat.
Besson prêt à un face-à-face avec Stéphane Guillon
Le ministre de l'Immigration Eric Besson a affirmé mardi qu'il était prêt à un face à face avec Stéphane Guillon qu'il a traité de "lâche". Il dénonce selon lui "les méthodes de 'facho'" de l'humoriste.
Publié le 23/03/2010
Guillon: "Si on continue, les humoristes vont disparaître"
L'humoriste a réagi mardi dans sa chronique à la polémique soulevée par sa chronique de lundi sur Eric Besson.
Publié le 23/03/2010
Chronique de Guillon : les excuses de Radio France à Besson
A la suite de la chronique de Stéphane Guillon présentant Eric Besson comme une taupe de Jean-Marie Le Pen infiltré au sein de l'UMP, Jean-Luc Hees, le directeur de Radio France a présenté au ministre les excuses de la radio.
Publié le 22/03/2010
Stéphane Guillon : "Je ne suis absolument pas méchant"
L'humoriste vedette de France Inter publie ses chroniques dans "On m'a demandé de vous calmer", chez Stock. Dans Vous avez un message, il confie que, dans son registre, le regard des autres n'est pas tendre tant que l'on n'est pas connu.
Publié le 19/02/2010
Dans sa chronique de mercredi, Stéphane Guillon a laissé entendre qu'il n'était pas fixé sur son sort : "Voilà, c'est ma dernière chronique, enfin je crois, j'essais de deviner les choses par moi-même. C'est la nouvelle mode, ici personne ne sait rien". L'humoriste, dont les chroniques sur France Inter sont parmi les plus téléchargées et écoutées en France, a été au cœur de plusieurs polémiques après avoir égratigné des personnalités politiques. Après une première polémique l'opposant à Dominique Strauss-Kahn, l'une de ses chroniques sur Eric Besson, attaquant le physique du ministre de l'Immigration, avait conduit en mars dernier le patron de Radio France à présenter au ministre les "excuses du groupe public". Stéphane Guillon officiait dans la matinale de France Inter, animée par Nicolas Demorand (lui aussi partant, de son plein gré), les lundis, mardis, mercredis depuis janvier 2008.
Porte accuse Estrosi
"Je suis viré complètement de France Inter, même du "Fou du roi", contrairement à ce que Philippe Val avait dit à Stéphane Bern", a déclaré de son côté Didier Porte qui a reçu une lettre en recommandé signée du directeur de la station publique. "Ce petit dérapage sur Villepin et Sarkozy reste un prétexte, ça fait dix ans que je fais des chroniques engagées", a réagi le chroniqueur. "Je sais que Christian Estrosi a récemment écrit à la présidence pour se plaindre d'une de mes chroniques. Je veux pas jouer les martyrs politiques mais ça me semble disproportionné. J'ai l'impression qu'on fait le ménage à deux ans des présidentielles", a-t-il commenté.
Dans l'entourage de Christian Estrosi, on précise que le ministre de l'Industrie avait bien écrit fin avril à France Inter "simplement" pour demander un droit de réponse après les "attaques violentes et les insultes proférées à son égard" par l'humoriste. "A aucun moment" le ministre "n'a demandé la tête" de l'humoriste, a-t-on affirmé, précisant que ce droit de réponse n'avait "jamais été lu à l'antenne".
"Je vous soutiens", a déclaré Stéphane Bern à Didier Porte, qui venait d'annoncer dans sa chronique qu'il prenait une "retraite forcée" de France Inter. Le public du studio a chaleureusement applaudi l'humoriste et copieusement sifflé la direction, certains lançant des "Val, démission!" (NDLR : Philippe Val est le patron de la station). "Nous vivons des moments pénibles", a ajouté Stéphane Bern.
"Droit à la moquerie et à l'outrance"
Du côté des politiques, Martine Aubry a exprimé mercredi la solidarité du Parti socialiste (PS) à Stéphane Guillon et Didier Porte, "renvoyés brutalement de France Inter", et a défendu le droit des humoristes "à la moquerie et même à l'outrance", dans un communiqué. "Le grand ménage pré-électoral a commencé" s'indigne les Verts dans un communiqué. Ils y dénoncent aussi un pouvoir "plus sévère avec les libres penseurs qu'avec les fraudeurs fiscaux." Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, a déclaré de son côté que "l'éviction des humoristes de l'antenne de France Inter nous prive d'une veille et d'une alerte humoristique indispensables à l'hygiène mentale du citoyen". Quant à François Bayrou, il a vu dans leurs évictions une "atteinte à la nécessaire liberté d'expression". "La démocratie a besoin de pensées non conformes et non conformistes, pour remettre les puissants ou les vedettes du moment devant des réalités qu'ils préfèrent ignorer", a insisté le président du MoDem.
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