Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, sur le site de la centrale nucléaire Socatri (18 juillet 2008) © TF1/LCIC'est la blague qui circulait mercredi à la rédaction de Libération : les journalistes irradient de bonheur. Anne Lauvergeon, ancienne dirigeante d'Areva remplacée fin juin à la tête du groupe nucléaire, va prochainement présider le conseil de surveillance du quotidien.
Lauvergeon : des tentatives de déstabilisation au "plus haut niveau de l'Etat"
L'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon, dont les relations avec Nicolas Sarkozy étaient notoirement mauvaises, affirme que ses dernières années à la tête du groupe nucléaire ont été émaillées de nombreuses tentatives de déstabilisation provenant "du plus haut niveau de l'Etat".
Publié le 16/01/2012
Son arrivée prochaine a été annoncée par Nicolas Demorand, le directeur du quotidien, dans un courriel adressé mardi soir aux salariés du journal. "Les actionnaires majoritaires de Libération, Edouard de Rothschild, Jacaranda Caracciolo et Bruno Ledoux, voteront favorablement, lors d'un très prochain conseil de surveillance, à la cooptation d'Anne Lauvergeon en qualité de membre du conseil de surveillance, afin de la porter à la présidence de celui-ci", écrit-il. L'information figure également à la Une de l'édition du journal daté de mercredi.
"Une excellente nouvelle pour Libération"
"Le Conseil de surveillance, et je souligne extrêmement fortement, n'a aucun rapport, ni relation, avec la rédaction de Libération. Comme directeur de la rédaction, je suis garant de la liberté absolue du travail des journalistes, de leur indépendance et de leurs bonnes conditions de travail", a assuré Nicolas Demorand dans un communiqué mercredi. "Cela n'aura aucune influence sur la ligne rédactionnelle du journal, j'en prends l'engagement", a-t-il insisté. "Comme cela a toujours été le cas à Libération et comme cela le restera, le mot d'ordre, c'est la liberté totale : les journalistes travaillent de la manière qu'ils veulent sur les sujets qu'ils veulent"
"Le Conseil de surveillance, c'est un organe de réflexion et de pilotage stratégique", a souligné l'ancien animateur des matinales de France Inter. "C'est une excellente nouvelle pour Libération, a-t-il continué. C'est une femme de très grande qualité. Elle a été très proche conseillère de François Mitterrand, puis à la tête d'une des plus grosses entreprises au monde pendant dix ans, tout en demeurant toujours fidèle à ses convictions", dit-il. "Toutes les révolutions qui ont profondément bouleversé la presse ces dernières années sont venues de l'extérieur du monde de la presse : Google, Facebook, Twitter... Elles ont brutalement changé notre manière de travailler", a-t-il souligné.
Anne Lauvergeon a été remplacée fin juin par Luc Oursel à la présidence du directoire du spécialiste public du nucléaire, qu'elle dirigeait depuis dix ans. Dans un entretien accordée au Monde le 7 juillet, elle a critiqué le manque de constance de l'Etat actionnaire. Cette ancienne conseillère de François Mitterrand, dont elle fut le "sherpa" de de 1991 à 1995, est la seule femme française à avoir dirigé un groupe de l'envergure d'Areva.
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