La couverture du journal montre une photo du milliardaire et première fortune de France, souriant, valise à la main, accompagnée du titre "Casse-toi riche con !". Une allusion à peine voilée aux propos de l'ancien président Nicolas Sarkozy lors du Salon de l'agriculture en 2008.
Avant même l'annonce du dépôt de plainte par le patron de LVMH, le directeur délégué de Libération affirmait lundi matin ne rien craindre d'une éventuelle poursuite : "Je crois que le risque est nul, la presse jusqu'à nouvel d'ordre a le droit de s'exprimer, de réagir à l'actualité. Bernard Arnault est un personnage public, il a lui-même communiqué sur ce sujet", concluait Vincent Giret. Le quotidien assurait en outre ne pas craindre les mesures de rétorsion que pourrait entreprendre contre lui le groupe de luxe français, auquel il vend des espaces publicitaires. "A Libération, on ne fait pas des Unes et des manchettes en fonction des impératifs publicitaires. Jamais depuis la création de Libération cela n'a inhibé le journal", a déclaré le directeur délégué de la rédaction de Libération, Vincent Giret.
"Déchaînement d'insultes"
Et d'argumenter : "S'il y a une certaine dureté, une certaine vulgarité à la Une de Libération, c'est précisément parce que la situation l'est aujourd'hui. La décision de Bernard Arnault (de demander la nationalité belge, ndlr) contient aussi une dose de vulgarité que nous renvoyons dans un effet boomerang", souligne Vincent Giret. "On joue un rôle, on pratique notre rôle critique, ça nous est souvent reproché, c'est l'histoire du journal et le journal a survécu à ce genre de crise ou de polémique", insiste-t-il. "On pense que le chef d'entreprise le plus riche de France a une responsabilité sociale et morale dans le débat politique en ce moment et que bien évidemment cette décision-là donne un coup d'épée, un coup de couteau dans la cohésion sociale", ajoute-t-il.
L'ex-Premier ministre UMP François Fillon s'est quant à lui dit "choqué" par ce qu'il a qualifié de "déchaînement d'insultes" autour du patron de l'empire du luxe LVMH, en citant notamment la Une de Libération.







