Promis, les Inrockuptibles resteront incorruptibles. Au moins sur le plan politique. Audrey Pulvar, nommée vendredi directrice en charge de l'éditorial du magazine culturel, a déclaré que l'hebdomadaire ne serait ni "une annexe, ni une chambre d'écoute, ni un organe du parti socialiste" ou "du gouvernement".
Dans un entretien accordé lundi à l'AFP, la compagne d'Arnaud Montebourg ministre du Redressement productif, tient à mettre clairement les choses au pont. "On ne peut me pas reprocher dans ma carrière d'avoir été la voix de mon maître, d'ailleurs je n'ai pas de maître", explique la journaliste. Il faut dire que la nomination d'Audrey Pulvar a suscité de nombreux commentaires de journalistes sur internet, notamment sur "le mélange des genres". Le magazine culturel Télérama se montrait critique sur son site et sous la plume d'Emmanuelle Anizon: "Sinclair, Ockrent, Trierweiler... le débat autour des relations politiques-journalistes n'a cessé d'être posé en France. Les Inrocks ont tranché. De la façon la plus radicale. Et ça fait mal à la profession".
Editorial sur Montebourg
Audrey Pulvar formera à la tête des "Inrocks" un tandem avec Arnaud Aubron, directeur en charge du développement de l'hebdomadaire. "Le jugement des confrères, ce n'est pas ma préoccupation première. Ma préoccupation primordiale, ce sont les lecteurs, les internautes, a répondu Audrey Pulvar lundi. Les lecteurs vont se rendre compte très, très vite si j'en fais un organe de propagande". "On attend de nous qu'on soit encore plus irréprochables que la moyenne. On travaille en totale confiance tous les deux", a dit pour sa part M. Aubron.
Comme gage d'impartialité, M. Aubron évoque un éditorial, déjà rédigé avant l'arrivée de Audrey Pulvar, sur M. Montebourg dans le numéro à venir, qui n'est "ni béat ni d'une monstruosité totale". Les deux journalistes remplacent David Kessler, qui a quitté la direction des Inrocks pour rejoindre le cabinet du président de la République, François Hollande.









