Erik Izraelewicz salue dans le Monde "l'habileté" de François Hollande qui, à travers ce budget 2013 "assume une rigueur de gauche", l'effort étant, selon lui, "réparti équitablement". Si "le coup de massue fiscal annoncé pour 2013 frappe effectivement en priorité les familles les plus aisées et les plus grandes entreprises", ajoute le directeur du journal du soir, il "sera cependant difficile de convaincre les Français que les classes moyennes sont épargnées". Sans surprise, Gaëtan de Capèle (Le Figaro) fustige au contraire "un implacable machine à taxer" et une "chasse aux nantis."
"La droite peut pousser des cris d'orfraie", ironise François Martin (Le Midi Libre). "Ce budget reste très marqué... à gauche. Avec des cibles bien identifiées : hauts revenus et grandes entreprises. "Le Premier ministre envoie un double message", estime-t-il: "volontarisme économique" et "justice sociale". Mais les Français peuvent s'attendre dans les prochaines années à de la "sueur", du "sang" et "des larmes".
"Décalage vertigineux" entre riches et pauvres
Pour Jacques Camus (La République du Centre), le gouvernement Ayrault a présenté "un budget courageux pour ne pas dire téméraire" car il "rompt avec trente années de laxisme". C'est "un bon budget pour les marchés", assure Didier Louis (Le Courrier Picard). "Un budget malin en ce qu'il frappe les plus aisés et tend à préserver les classes moyennes". Mais c'est aussi selon l'éditorialiste "un budget hasardeux si la croissance n'est pas au rendez-vous, et risqué dans un contexte social fragile." "Nous avons basculé dans l'austérité. Le mot n'est plus tabou", constate Jean-Paul Brunel (Le Courrier de l'Ouest). "Le budget de 2013 entérine la récession et appelle à la mobilisation générale." "Après le règne de la potion magique, voici le retour de la saignée" qui pourrait "aggraver l'état du malade", assène Jérôme Glaize (Le Maine Libre).
Surtout, si le "décalage vertigineux" entre riches et pauvres continue à se creuser, souligne Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. "A quoi sert de renflouer un pays", s'interroge-t-il, "si perdure le mouvement en spirale qui concentre les richesses en son centre et rejette des miettes aux foules en orbite ?"










