Rue89 racheté par le fondateur du Nouvel Obs

Par , le 21 décembre 2011 à 15h31 , mis à jour le 21 décembre 2011 à 18h09

Le site internet d'informations Rue89 a été racheté par Claude Perdriel, fondateur de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, a annoncé mercredi Rue89.

Le logo de Rue89Le logo de Rue89 © DR

Il était déjà sous l'aile du Nouvel Observateur. Il passe désormais à 100% dans les mains du fondateur de l'hebdomadaire : Rue89 a été racheté par Claude Perdriel a annoncé le site d'information mercredi. "Cet accord, qui sera effectif le 31 décembre, se matérialise par le rachat du capital de Rue89 par Claude Perdriel", écrit Pierre Haski, cofondateur de Rue89. "Il pérennise l'aventure de notre site en lui garantissant son indépendance éditoriale totale."

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Un média reconnu mais qui n'a pas trouvé sa formule économique

Lancé, sans investisseur ni groupe de presse, par d'anciens journalistes de Libération lors de l'entre-deux tours de la présidentielle en mai 2007, Rue89 entendait "inventer un média qui marie journalisme professionnel et culture de l'internet", notamment en se reposant sur la participation des lecteurs. Près de cinq ans plus tard, le pari éditorial est plutôt réussi. "Boosté" par deux scoops - l'abstention de Cecilia Sarkozy au 2e tour de la présidentielle en 2007 puis la publication d'images de Nicolas Sarkozy s'accrochant avec un technicien sur un plateau de France 3 en 2008 -, Rue89 est aujourd'hui un média reconnu et qui a su s'entourer d'une forte et fidèle communauté de lecteurs. En octobre, le site a attiré 2 millions de visiteurs uniques selon Médiamétrie-NetRatings, le plaçant au 21e rang des sites d'info en France.

Seulement, comme bien d'autres sur internet, le "pure player" (média né sur le web) qui avait fait le choix de la gratuité de ses contenus - au contraire de son homologue Mediapart aujourd'hui en bonne santé - n'est pas parvenu à trouver la bonne formule économique. Malgré des augmentations de capital, de la publicité en croissance et des activités annexes (formations, création de sites web..), il ne parvient toujours pas à trouver l'équilibre.

Aujourd'hui, avec 25 salariés en CDI et des pigistes, dans un secteur où la concurrence s'aiguise en ligne - lancement prochain du Huffington Post français après les sites Quoi.info et Newsring - tout en souffrant terriblement sur le papier (France Soir, La Tribune), l'équipe de Rue89 a choisi de mettre à mal son indépendance pour s'adosser à un groupe aux reins solides et qui possédait déjà une petite participation (3,4%), Le Nouvel Observateur.

"Une part de renoncement"

"Ca fait drôle... Il y a une part de renoncement dans une décision pareille. On était parti sur une voie autonome", confie à l'AFP Pierre Haski, fondateur et président. "Mais avec cette alliance, Rue89 est pérennisé et va pouvoir se développer. On va aussi embaucher, c'est hyper positif", ajoute aussitôt Pierre Haski, poursuivant: "On est dans une période de crise, on est fragile et on se heurte à une difficulté permanente: on a des revenus pour vivre, mais pas pour se développer".

"Notre indépendance éditoriale est garantie dans notre contrat", assure-t-il, précisant que la sensibilité de gauche de son site se mariait naturellement avec celle du groupe de Claude Perdriel. A 85 ans, le patron de "L'Obs" confirme de son côté qu'il a décidé de passer à la vitesse supérieure sur le numérique. Longtemps à la traîne de ses concurrents, l'hebdomadaire investit à fond depuis quelques mois: après la refonte du site web et le lancement du site participatif le "Plus", l'arrivée de Rue89, une "marque" forte, vient renforcer encore un peu plus son groupe. "J'éprouve la plus grande estime professionnelle pour Rue89 depuis sa création. Je suis très heureux de cette entente avec les fondateurs qui nous permettra de mieux nous adapter à l'évolution rapide du web", a sobrement commenté l'intéressé.

Pas un mot en revanche, ni de la part de Rue89 ni de l'Obs sur le montant de l'opération. L'accord définitif, en cours d'élaboration, doit être signé début janvier, ont-ils avancé pour expliquer ce silence radio.

Par Jessica Dubois le 21 décembre 2011 à 15:31
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