Neuf cliniques sur dix en grève

le 19 septembre 2006 à 15h38 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 05h22

92% des cliniques sont en grève mardi contre un plan d'économies du gouvernement. Seuls sont assurés les accouchements et les urgences vitales.

(LCI-TF1) Dans un bloc opératoireDans un bloc opératoire (LCI-TF1) © TF1-LCI

La grève des soins dans les 1200 cliniques privées de France a été largement suivie ce mardi.  Selon Ken Danis, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), qui représente la quasi-totalité du secteur et à l'origine du mouvement, elle a concerné 92% des établissements. Pour sa part, le ministère de la Santé a indiqué mardi soir que le mouvement avait été suivi à 61%, "sans que l'activité des services d'urgences, qui permet l'accueil et la prise en charge des patients, soit interrompue", sur la base d'informations concernant 404 établissements.

La journée a été marquée par la fermeture des blocs opératoires et la grève des consultations. Seuls étaient assurés les urgences vitales et les accouchements qui ne peuvent être reportés, a expliqué la FHP. Dans certains établissements, comme la clinique de l'Orangerie à Strasbourg, étaient déroulées des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "clinique en colère". Mais le mouvement ne semble pas avoir entraîné de surcroît d'activité dans les hôpitaux publics.

Un plan d'économies drastique

La grève avait pour objet de dénoncer la décision du gouvernement de baisser de près de 3%, pendant le dernier trimestre 2006, les tarifs qui sont remboursés aux cliniques par la Sécurité sociale, afin de contenir le déficit de l'assurance maladie estimé à 6,3 milliards d'euros cette année. La baisse de tarifs, qui ne concerne pas les patients, représente un effort de 60 millions d'euros pour ce secteur, sur un plan d'économies de 350 millions d'euros au total qui touche aussi les hôpitaux publics à hauteur de 115 millions d'euros. Pour justifier sa décision, le ministre de la Santé s'est appuyé sur le constat, dans les établissements privés, d'"un dépassement de 300 millions d'euros" par rapport aux objectifs de dépenses fixés par la loi de financement de la sécurité sociale, au cours des premiers mois de 2006.

Mais la FHP reproche au gouvernement "de ne pas s'interroger sur l'activité réelle des établissements", affirmant que le privé, "d'année en année, augmente sa part dans la production des soins". "Si le gouvernement persiste, 50% des établissements vont être touchés et des établissements fermeront", prévient-il. Mardi, le ministre a assuré que les ARH (Agences régionales de l'hospitalisation) étaient chargées d'étudier le cas de chaque clinique "de façon à ce qu'aucune (...) ne soit en difficulté à cause de cette baisse des tarifs". Le mouvement a aussi rencontré l'hostilité de plusieurs syndicats. La CGT a ainsi parlé de "chantage sur le gouvernement" rappelant que le secteur privé "est aujourd'hui tenu en partie par des groupes financiers côtés en Bourse".

D'après agence

le 19 septembre 2006 à 15:38
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5 Commentaires

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  • Vastre, le 19/09/2006 à 17h24

    Le raisonnement sans argument de Pitou est bien bruxellois ! On pourrait dire également, de la même veine : " les bien portants ne doivent jamais être malades. La candeur de nos amis belges est inimitable ! Mais on les aime bien.

  • Patrice, le 19/09/2006 à 17h22

    L'hôpital public est en moyenne 2 à 3 fois plus cher que le privé, à acte et pathologie identiques. Par exemple, une appendicectomie non compliquée d'un patient âgé de moins de 70 ans, est facturée par l'hôpital public 2.518 € et la clinique privée 1.356 €,... Depuis la tarification par actes (T2A), ceci est parfaitement connu. L'hôpital touche de plus des enveloppes globales et se trouve dans certaines régions déficitaire. L'hôpital public est porté à bout de bras par l'impôt. Et malgré tout, notre système de soins privé continue à fonctionner et à attirer une majorité de patients! D'une façon générale, c'est le reflet de toute l'économie de notre pays. Mais chut, tout va très bien.

  • Taz, le 19/09/2006 à 17h10

    Trop facile d'obtenir 92% de grévistes lorsqu'on n'est pas contraint réglementairement à assurer un service minimum comme les hôpitaux publics, qui d'ailleurs vont se récupérer aux Urgences tous les refoulés de ces cliniques en grève.

  • Ulysse, le 19/09/2006 à 16h37

    Nous devrions développer un système tout à fait libéral de la santé. Cela devrait pousser les gens à trouver un travail pour se payer le confort

  • Ptilou, le 19/09/2006 à 16h34

    Les économies ne devraient jamais toucher les soins de santé et l'éducation.

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