Dans un bloc opératoire (LCI-TF1) © TF1-LCILa grève des soins dans les 1200 cliniques privées de France a été largement suivie ce mardi. Selon Ken Danis, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), qui représente la quasi-totalité du secteur et à l'origine du mouvement, elle a concerné 92% des établissements. Pour sa part, le ministère de la Santé a indiqué mardi soir que le mouvement avait été suivi à 61%, "sans que l'activité des services d'urgences, qui permet l'accueil et la prise en charge des patients, soit interrompue", sur la base d'informations concernant 404 établissements.
La journée a été marquée par la fermeture des blocs opératoires et la grève des consultations. Seuls étaient assurés les urgences vitales et les accouchements qui ne peuvent être reportés, a expliqué la FHP. Dans certains établissements, comme la clinique de l'Orangerie à Strasbourg, étaient déroulées des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "clinique en colère". Mais le mouvement ne semble pas avoir entraîné de surcroît d'activité dans les hôpitaux publics.
Un plan d'économies drastique
La grève avait pour objet de dénoncer la décision du gouvernement de baisser de près de 3%, pendant le dernier trimestre 2006, les tarifs qui sont remboursés aux cliniques par la Sécurité sociale, afin de contenir le déficit de l'assurance maladie estimé à 6,3 milliards d'euros cette année. La baisse de tarifs, qui ne concerne pas les patients, représente un effort de 60 millions d'euros pour ce secteur, sur un plan d'économies de 350 millions d'euros au total qui touche aussi les hôpitaux publics à hauteur de 115 millions d'euros. Pour justifier sa décision, le ministre de la Santé s'est appuyé sur le constat, dans les établissements privés, d'"un dépassement de 300 millions d'euros" par rapport aux objectifs de dépenses fixés par la loi de financement de la sécurité sociale, au cours des premiers mois de 2006.
Mais la FHP reproche au gouvernement "de ne pas s'interroger sur l'activité réelle des établissements", affirmant que le privé, "d'année en année, augmente sa part dans la production des soins". "Si le gouvernement persiste, 50% des établissements vont être touchés et des établissements fermeront", prévient-il. Mardi, le ministre a assuré que les ARH (Agences régionales de l'hospitalisation) étaient chargées d'étudier le cas de chaque clinique "de façon à ce qu'aucune (...) ne soit en difficulté à cause de cette baisse des tarifs". Le mouvement a aussi rencontré l'hostilité de plusieurs syndicats. La CGT a ainsi parlé de "chantage sur le gouvernement" rappelant que le secteur privé "est aujourd'hui tenu en partie par des groupes financiers côtés en Bourse".
D'après agence
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