Un pharmacien recherche un produit dans les rayons de son officine. © LCIOn annonçait 145 médicaments à prescription obligatoire sur la sellette ; c'est finalement 133 d'entre eux dont la Haute autorité de santé a préconisé jeudi le déremboursement total ou partiel par la Sécurité sociale. Elle recommande au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, de cesser totalement le remboursement de 89 médicaments jugés à "service médical rendu insuffisant", et un remboursement plus limité de 44 autres médicaments en fonction des pathologies. La décision du ministre est attendue "en début de semaine prochaine", a indiqué le ministère.
La liste des 89 médicaments comprend des vasodilatateurs souvent prescrits aux personnes âgées, des anti-diarrhéiques, et différents médicaments utilisés en oto-rhino-laryngologie, pneumologie et infectiologie. Pour les 44 autres médicaments, la HAS préconise un "maintien global au remboursement lorsque l'ensemble des indications d'un médicament sont à SMR suffisant", mais elle préconise une prise en charge "limitée" lorsque ces 44 médicaments sont jugés à SMR insuffisant pour certaines pathologies. "Le progrès médical s'accroît et le niveau d'exigence s'accroît aussi : certains médicaments ne passent plus la barre et pour ceux-ci il faut avoir une vision adaptée de la prise en charge par la collectivité", a déclaré jeudi le président de la Haute autorité de santé, Laurent Degos.
"Une mauvaise décision pour l'industrie du médicament"
L'annonce de la HAS a été aussitôt critiquée par les Entreprises du médicament (Leem-patronat). "Il appartiendra au ministre de la Santé de se prononcer", a déclaré lors d'un point presse Christian Lajoux, président du Leem et par ailleurs président de Sanofi-Aventis France. Mais "nous redisons que s'il suivait la recommandation de la Haute autorité, ce serait une mauvaise décision pour la relation de proximité médecin/patient, et pour la caisse d'assurance maladie, car les médicaments déremboursés sont suivis de transferts de prescriptions vers d'autres produits parfois plus chers, plus difficiles à manier". Ce serait aussi, selon lui, une mauvaise décision "pour l'industrie du médicament, qui assure la recherche de nouveaux produits", et dont le rôle économique serait "déstabilisé".
Les autorités sanitaires ont déjà lancé deux vagues de déremboursements, concernant respectivement 82 médicaments en 2003 puis 156 autres au 1er mars 2006.
Alerte sur deux médicaments pour bébés |
L'administration de deux médicaments à boire pour bébés à base de vitamines du laboratoire Crinex, l'Uvestérol Vitaminé ADEC et de l'Uvestérol D 1500UI/mL, nécessite de respecter certaines précautions pour éviter les "fausses routes", indique jeudi l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) sur son site. Il s'agit d'un "risque très rare, mais potentiellement grave, de survenue de malaise vagal (apnée du nourrisson pouvant entraîner une cyanose)" observée "lors de l'administration de ces produits à des nouveau-nés ou à des nourrissons de moins de six mois, sans pathologie apparente", selon l'agence. Depuis la commercialisation de ces médicaments, respectivement en 1996 et 1989, 17 cas au total ont été répertoriés dont cinq avec mise en jeu du pronostic vital et six ayant entraîné une hospitalisation. Pour tous, "l'évolution a été favorable", rassure l'agence. En pratique, pour limiter le risque, quand on donne ce produit, il faut mettre le nourrisson en position semi-assise (tête en légère flexion, reposée sur l'avant-bras) et lui donner le produit lentement pour lui laisser le temps de l'avaler naturellement.
D'après agence
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