Manifestation de salariés de la restauration © TF1/LCILes députés ont poursuivi, mercredi dans la nuit, la discussion du budget de la Sécurité sociale pour 2007 (PLFSS), qui veut réduire son déficit à 8 milliards d'euros en faisant notamment la chasse aux fraudeurs, et dont il ont adopté la mesure phare validant les 39 heures dans la restauration et l'hôtellerie.
Un retour aux 39 heures ? Trois quarts des patrons y sont favorables
Selon un sondage pour Les Echos, 73% des patrons sont pour un retour aux 39 heures de travail hebdomadaire, plus pour des "préoccupations très pragmatiques" que pour une "posture idéologique".
Publié le 03/03/2011
L'amendement rétablit, comme le prévoyait l'accord de 2004, une semaine de congés supplémentaire aux salariés de la branche des hôtels, cafés et restaurants, ainsi qu'un jour férié supplémentaire à partir du 1er juillet 2006 et un autre jour férié supplémentaire à partir du 1er juillet 2007. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, il prévoit de fixer la durée du temps de travail hebdomadaire à 39 heures et à 37 heures dans celles de plus de 20 salariés.
"La priorité est de sécuriser la situation des salariés"
La mesure, incluse à la dernière minute par un amendment de l'UMP, valide, "dans l'attente d'une convention ou d'un accord collectif", l'accord sur le temps de travail dans l'hôtellerie et la restauration qui avait été annulé par le Conseil d'Etat. Cette annulation avait créé un vide juridique et la confusion au sein de la profession qui pouvait aussi bien basculer dans le régime des 35 heures que revenir à un décret de 1999 fixant la durée hebdomadaire du travail à 43 heures. Les députés ont complété l'amendement d'origine par un sous-amendement de Pierre-Louis Farniez (UMP) fixant au 31 décembre 2007, la date butoir de la négociation.
Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher a jugé que cette mesure "n'est pas la remise en cause du dialogue social" mais "la priorité est de sécuriser la situation des salariés et celle des entreprises", a-t-il dit. "Il a sa place dans le PLFSS puisque les heures au delà de la 35ème heure ne seront pas considérées comme heures supplémentaires mais donneront lieu à des cotisations inférieures". Gérard Larcher a fait voter un sous-amendement précisant ce point dans le texte. Chef de file de l'UMP, Bernard Accoyer a jugé que son groupe "avait rendu service à de très nombreuses entreprises, en particulier aux plus petites, ainsi qu'à de très nombreux salariés qui auront ainsi une consolidation de leur situation. Pendant ce temps les partenaires sociaux ont entamé des négociations dont nous souhaitons qu'elles aboutissent le plus tôt possible".
Pour Gérard Bapt (PS), l'amendement UMP est "un cavalier, une disposition anticonstitutionnelle qui sera annulée" tandis qu'un accord est souhaitable. Pour Jacqueline Fraysse (PCF), "c'est un déni de justice. Le groupe UMP vole au secours du Medef pour valider un accord minoritaire qui ne respectait pas la loi sur les 35 heures que vous n'avez pas abrogée", a-t-elle dit au ministre. Jean-Luc Préel (UDF) a lui aussi jugé que "le Conseil constitutionnel ne pourra qu'annnuler la disposition et craint qu'à Noël tout le monde ne sable pas le champagne".
D'après agence
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