Un tensiomètre © LCILCI.fr : Les médecins scolaires organisent jeudi une journée d'action. Concrètement, que va-t-il se passer ?
Marie-Christine Drochon (1) : Nous allons nous mettre en grève. Concrètement, dans certains départements, entre 80% et 90% des médecins scolaires ne travailleront pas. A Paris, un rassemblement est prévu à 14 h devant le métro Solférino, à proximité du ministère de l'Education nationale. Une délégation sera reçue par un membre du cabinet du ministre mais pas par le ministre.
LCI.fr : Cela veut-il dire que vous n'allez pas soigner les élèves ?
M.-C. D. : Les médecins scolaires ne font pas de médecine de soins mais de la médecine de prévention. Et nous avons beaucoup de mal à la faire. Nos principales missions consistent à dépister les problèmes de santé qui peuvent entraver la scolarité, à effectuer le bilan de santé chez les élèves de six ans, à accueillir les enfants malades, en situation de handicap ou en souffrance psychique, à suivre toutes les pathologies, à former les enseignants à donner les premiers soins...
Nous avons de plus en plus de travail alors que nos effectifs diminuent. Nous n'avons plus les moyens de faire le bilan [de santé] systématique. Par manque de temps.
LCI.fr : Syndicats et ministère ne sont pas d'accord sur le nombre de médecins scolaires en exercice...
M.-C. D. : Selon le ministère, il y a un médecin scolaire pour 5600 élèves mais sont intégrés aux effectifs les médecins conseillers techniques dans les rectorats et les inspections ; or, ils ne travaillent pas auprès des élèves. Par ailleurs, le ministère ne comptabilise pas les élèves des petites et moyennes sections de maternelles et les élèves de lycées agricoles. Pour notre part, nous estimons qu'il y a un médecin scolaire pour 8000 à 9000 élèves, et jusqu'à 16.000 dans certains secteurs.
Les agents non contractuels représentent 35 à 40% des effectifs de la médecine scolaire. Or, en un an, nous avons "perdu" 350 d'entre eux. Alors, oui, les postes titulaires sont renouvelés mais pas les vacataires.
LCI.fr : Qu'attendez-vous du ministère de l'Education nationale ?
M.-C. D. : Des emplois ! Il faudrait recruter 150 à 200 médecins supplémentaires. Nous demandons également des moyens matériels, le remboursement de nos frais de déplacement. Moi par exemple, je travaille sur deux villes en même temps. Ce n'est pas dans notre culture de manifester ou de faire la grève mais, là, vraiment, ce n'est plus possible.
(1) Marie-Christine Drochon est médecin de l'Education nationale et l'une des secrétaire générale adjointe du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU-UNSA)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




