La manifestation des gaziers à Toulouse le 14 octobre 2006 © TF1-LCITout au plus autant que lors d'une précédente journée d'actions décentralisées sur le même thème... Au total quelques milliers de personnes ont manifesté samedi dans les grandes villes de France, à l'appel de la CGT (avec le soutien des partis de gauche, de la FSU, de l'Unsa (autonomes) et de l'Unef) contre la privatisation de GDF. Ils était 1700 à Paris (8000 selon les organisateurs), quelques centaines dans les autres villes, à l'exception de Marseille où 1500 gaziers (4000 selon les organisateurs) ont défilé.
A Paris, les manifestants, qui ont défilé de la place de Clichy à la place Saint-Augustin, via la gare Saint-Lazare, ont commencé à se disperser vers 16h. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, ainsi que celui de la FSU, Gérard Ashieri, marchaient en tête du cortège, avec derrière deux banderoles proclamant "non à la privatisation de GDF" et "oui au service public de qualité". La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a participé à la manifestation, ainsi que Clémentine Autain, maire-adjointe (apparentée PCF) de Paris. Derrière les militants cégétistes d'Ile-de-France, marchaient des carrés de syndicalistes Unsa, de militants du PCF, de Lutte Ouvrière et de l'Unef.
100 manifestations dans toute la France
Les camionnettes des organisateurs ont diffusé en vidéo et audio le discours que Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, avait tenu le 6 avril 2004 à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), et dans lequel il promettait qu'on "ne viendra pas à la privatisation". Les manifestants demandent le retrait du projet de loi réduisant la part de l'Etat dans le capital de GDF à environ un tiers en vue de sa fusion avec Suez, adopté le 3 octobre par les députés.
En tout, ce sont plus de 100 rassemblements et manifestations, d'importance inégale qui ont été organisés ce samedi sur l'ensemble du territoire, comme à Lille et Marseille contre la privatisation de GDF. Pour la CGT, les éléments des derniers jours, et notamment l'éventualité d'un rachat du pôle environnement de Suez, montrent que la privatisation de Gaz de France n'est pas encore entérinée et que toutes les cartes sont à redistribuer.
Mestrallet confiant
La Commission européenne a demandé jeudi à GDF et Suez de céder 35% de leurs capacités d'approvisionnement en gaz, via la vente totale de Distrigaz, filiale gazière de Suez en Belgique. En réponse, les deux groupes ont même proposé vendredi soir à Bruxelles de céder la totalité de Distrigaz. La Commission demande également une "cession sur une partie du nucléaire belge" de Suez. Suez et GDF proposeraient de vendre 13 à 15% de leurs capacités gazières en Belgique.
Gérard Mestrallet, patron de Suez, a déclaré vendredi sur BFM que les remèdes exigés par la Commission européenne devaient rester "compatibles" avec la logique du projet de fusion avec Gaz de France. Il a par ailleurs assuré que le processus de fusion n'était pas menacé alors que des informations diverses ces dernières semaines ont donné l'impression que le projet pouvait ne pas aboutir.
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