Les enseignes lumineuses d'une pharmacie parisienne. © LCIDans son édition de jeudi, Le Parisien révèle que la Sécurité sociale aurait été escroquée de 20 millions d'euros, pour la seule année 2006, dans le cadre d'un trafic de médicaments. Celui-ci aurait été mis en place dans une vingtaine de départements et notamment dans toute l'Ile-de-France. Cette information a été confirmées jeudi dans la matinée par la Cnam (Assurance maladie).
L'escroc signait "Philomène"
Une "arnaque à la nigériane" a été récemment démantelée par des enquêteurs rennais. Elle aurait fait 80 victimes dans l'Ouest pour un préjudice total de 500.000 euros.
Publié le 11/10/2006
D'après Le Parisien, des médecins complices délivraient des ordonnances de complaisance à des assurés qui retiraient les médicaments en pharmacie avant que ceux-ci soient convoyés jusqu'en Asie du Sud-Est et en Afrique pour y être revendus, selon le journal. Tous les médicaments étaient acheminés en Asie du Sud-Est, notamment au Cambodge et au Vietnam, en Europe centrale et en Afrique pour y être revendus sur des marchés locaux, selon Le Parisien.
Vendus en fraude à l'étranger
"Un certain nombre d'ordonnances présentées par des assurés ne correspondent à aucune pathologie chez eux, ce qui nous a amené à les interroger sur la destination des médicaments", explique le directeur de la répression des fraudes de l'Assurance maladie, Pierre Fender. Et d'ajouter : "Nous savons par d'autres sources que des médicaments français sont vendus en fraude à l'étranger. Ces deux informations nous amènent à penser qu'il est fort probable que ces médicaments sont envoyés en grande quantité à destination de ces pays". Actuellement, la procédure de contrôle ne porte que sur les assurés. Les médecins impliqués seront entendus plus tard.
Les praticiens impliqués risquent des sanctions du Conseil de l'ordre pouvant aller jusqu'à l'interdiction d'exercer et pourraient être poursuivis en justice pour escroquerie. La liste des médicaments concernés touche toutes les pathologies : on y retrouve aussi bien des antibiotiques (Clamoxil) que des psychotropes (Lexomil) ou des antiulcéreux (Cytotec).
Selon le quotidien, les premières conclusions de l'enquête conjointe des services de police, de la gendarmerie et de la répression des fraudes de l'assurance maladie seront remises le 12 octobre, mais les investigations "se poursuivront tant que nécessaire", a précisé le directeur de la répression des fraudes de l'Assurance maladie.
L'Ordre des médecins veut connaître la vérité |
L'Ordre national des médecins souhaite jeudi que les informations parues soit "vérifiées" avant de se prononcer, prévenant toutefois qu'en cas de confirmation il aurait "une attitude extrêmement ferme" à l'encontre des praticiens impliqués. "S'il y a une escroquerie de cette nature, le médecin qui s'y est prêté porte atteinte à l'honneur de la profession et sera alors déféré devant les juridictions ordinales où il s'expliquera", a déclaré le Dr Jacques Lucas, secrétaire général du conseil national de l'Ordre des médecins. Dans ce cas, les sanctions possibles "vont de l'avertissement à l'interdiction d'exercer" avec par ordre croissant d'importance de la faute, "l'avertissement, le blâme, la suspension provisoire d'exercer et la radiation du tableau de l'Ordre qui correspond à une interdiction définitive d'exercer".
(D'après agence)
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