Thierry Breton s'attaque aux 35 heures

le 25 octobre 2006 à 11h22 , mis à jour le 25 octobre 2006 à 11h47

Mis au défi la semaine dernière par Laurence Parisot d'abroger la loi sur la réduction du temps de travail, le ministre réplique dans L'Express.

LCI-TF1, Thierry Breton le 31 août 2006Thierry Breton le 31 août 2006 © LCI

Thierry Breton veut légiférer pour permettre à chaque secteur, voire à chaque entreprise, de négocier son temps de travail hebdomadaire de base. Proposition faite dans un entretien à l'Express, auquel le ministre de l'Economie n'a pas précisé son calendrier ; mais, selon son entourage, cette contribution s'inscrit "dans le cadre du débat" électoral, en vue de "l'après présidentielle" de 2007.

"Aujourd'hui, même si les salariés et le chef d'entreprise en sont d'accord, il ne leur est pas possible de fixer une durée horaire de travail de base différente de 35 heures", observe Thierry Breton en reprochant à la loi Aubry sur la réduction du temps de travail d'avoir "verrouillé le dialogue social". Le ministre estime aussi nécessaire de "faciliter le recours aux heures supplémentaires, afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus".

 "Il n'y a jamais eu de demande officielle d'abrogation"

La semaine dernière, accusée par Thierry Breton de ne pas défendre suffisamment les entreprises, la présidente du Medef avait répliqué en demandant au ministre d'abroger la loi sur la réduction du temps de travail. Thierry Breton poursuit le dialogue ainsi entamé avec Laurence Parisot dans l'Express, en se disant "très heureux que le Medef ait enfin exprimé son opinion". Et alors que le mouvement patronal n'a cessé de batailler ces dernières années contre la loi Aubry, le ministre estime qu'il n'y avait "jamais eu de demande officielle d'abrogation pure et simple".

A la question de savoir pourquoi le gouvernement n'a pas supprimé les 35 heures, le ministre de l'Economie répond que des "assouplissements substantiels ont déjà été faits" mais qu'il "faudra continuer". "Les lois de 2003 et 2005 ont commencé à redonner de la place aux partenaires sociaux (...), il faut continuer en ce sens", déclare-t-il, en souhaitant "que des négociations de branche ou surtout d'entreprise deviennent la règle en matière de temps de travail". Quant à supprimer les 35 heures dans la fonction publique, il juge qu'une "norme générale n'a pas non plus de sens, au regard de la très grande différence d'activité entre les ministères".

D'après agence

le 25 octobre 2006 à 11:22
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5 Commentaires

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  • Alain, le 25/10/2006 à 14h44

    Plus libéral, c'est pas possible. Au fait, si on abroge les 35 H, il va falloir aussi abroger tous les accords qui en découlaient comme ceux qui ont permis la flexibilité, le rabotage des avantages comme l'ancienneté..., et les subsides de l'état supposés compenser les inconvénients. Sinon ce sera le beurre, l'argent du beurre et le sourire du crémier en prime (du moins pour le Medef). Mais au moins les choses sont encore plus claires qu'avec Raffarin : Ce gouvernement est celui des patrons, pas des français. Si vous avez aimé Tachter, vous ne pourrez que l'adorer !

  • Sylvain, le 25/10/2006 à 14h14

    Pourquoi ne pas supprimer les congés payés ?? Pourquoi les gens qui se plaigent ne fond pas des heures sup ?? Merci de me publier pour une fois

  • Eric, le 25/10/2006 à 13h54

    Voilà 3 ans qu'on nous explique que les salaires n'augmentent pas à cause des 35 heures. Il va maintenant falloir travailler 39 heures pour le même salaire qu'en 2002. Merci le Medef, merci Mr Breton.

  • Armand, le 25/10/2006 à 13h38

    On produit de plus en plus, avec de moins en moins de bras... c'est tout de même superbe ! L'Humanité arrive enfin à s'affranchir du travail. Mais c'est un accouchement qui ne se fait pas sans mal, loin de là. Nos politiques ont des idées vielles de 200 ans ! Résultat, alors qu?à production égale, on a besoin de moins en moins de bras, la diminution du temps de travail pose tout de même problème. Cherchez l?erreur ! A quand une sérieuse mise à jour de notre système si aberrant ??? La pénuries, messieurs les politiques, c'était avant l'industrialisation. Une société de surproduction, qui base son économie sur la pénurie, ne peut pas fonctionner !

  • Hadry, le 25/10/2006 à 13h00

    "Faire et défaire c'est travailler " disait mon arriére grand-pére !Rien ne change un siècle plus tard !Cependant il faut admettre que les 35 heures a été le plus beau tour de prestidigitation de la gauche .

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