Thierry Breton le 31 août 2006 © LCIThierry Breton veut légiférer pour permettre à chaque secteur, voire à chaque entreprise, de négocier son temps de travail hebdomadaire de base. Proposition faite dans un entretien à l'Express, auquel le ministre de l'Economie n'a pas précisé son calendrier ; mais, selon son entourage, cette contribution s'inscrit "dans le cadre du débat" électoral, en vue de "l'après présidentielle" de 2007.
"Aujourd'hui, même si les salariés et le chef d'entreprise en sont d'accord, il ne leur est pas possible de fixer une durée horaire de travail de base différente de 35 heures", observe Thierry Breton en reprochant à la loi Aubry sur la réduction du temps de travail d'avoir "verrouillé le dialogue social". Le ministre estime aussi nécessaire de "faciliter le recours aux heures supplémentaires, afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus".
"Il n'y a jamais eu de demande officielle d'abrogation"
La semaine dernière, accusée par Thierry Breton de ne pas défendre suffisamment les entreprises, la présidente du Medef avait répliqué en demandant au ministre d'abroger la loi sur la réduction du temps de travail. Thierry Breton poursuit le dialogue ainsi entamé avec Laurence Parisot dans l'Express, en se disant "très heureux que le Medef ait enfin exprimé son opinion". Et alors que le mouvement patronal n'a cessé de batailler ces dernières années contre la loi Aubry, le ministre estime qu'il n'y avait "jamais eu de demande officielle d'abrogation pure et simple".
A la question de savoir pourquoi le gouvernement n'a pas supprimé les 35 heures, le ministre de l'Economie répond que des "assouplissements substantiels ont déjà été faits" mais qu'il "faudra continuer". "Les lois de 2003 et 2005 ont commencé à redonner de la place aux partenaires sociaux (...), il faut continuer en ce sens", déclare-t-il, en souhaitant "que des négociations de branche ou surtout d'entreprise deviennent la règle en matière de temps de travail". Quant à supprimer les 35 heures dans la fonction publique, il juge qu'une "norme générale n'a pas non plus de sens, au regard de la très grande différence d'activité entre les ministères".
D'après agence
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