Inégalités : Delors tire le signal d'alarme

le 18 novembre 2006 à 10h36 , mis à jour le 18 novembre 2006 à 12h20

La précarité de l'emploi est la première cause du creusement des inégalités, selon un rapport du Cerc. Son président, Jacques Delors, ne mâche pas ses mots.

TF1/LCI : Jacques Delors présentant le rapport du Cerc sur les inégalités de revenus avant la Conférence sur l'emploi et les revenusJacques Delors présentant le rapport du Cerc sur les inégalités de revenus avant la Conférence sur l'emploi et les revenus © TF1/LCI

"L'emploi instable est l'une des principales causes de la croissance des inégalités de revenus en France". En une phrase, Jacques Delors a résumé le constat le plus criant du dernier rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc), qu'il préside. Le document, remis au Premier ministre, examine la période 1993-2005 et a été rédigé dans l'optique de la Conférence sur l'emploi et les revenus du 14 décembre. Davantage que le niveau de salaire, c'est l'emploi discontinu de ceux qui alternent contrats courts, intérim et chômage qui creuse l'écart entre riches et pauvres, explique ainsi le rapport. Le Cerc invite en conséquence à réfléchir à la sécurisation des parcours professionnels.

Parmi les premières victimes de cette précarité, les 190.000 jeunes sortant de l'école ou de l'université sans diplôme. Jacques Delors a appelé à "l'ouverture sans délai d'un chantier d'intérêt national pour leur redonner un niveau de culture générale, de confiance en soi et de capacité à se défendre sur le marché du travail". "On ne peut pas attendre une réforme du système éducatif", a souligné le président du Cerc, qui s'est dit "indigné personnellement par la situation de ces jeunes".

Les salariés, "principale variable d'ajustement"

Au passage, le rapport invite à s'arrêter sur "le niveau élevé de rentabilité exigés des entreprises par les marchés financiers", qui "tend à laminer la rentabilité des autres entreprises, notamment les sous-traitants" et fait au bout du compte des salariés "la principale variable d'ajustement"... Soulignant que les jeunes et les moins qualifiés cumulent plus que les autres instabilité de l'emploi et faible taux de rémunération, le rapport pose en effet la question de "l'indemnisation des périodes de non travail" que connaissent les jeunes non éligibles à l'assurance chômage, parce qu'ils n'ont jamais travaillé, ou au RMI, parce qu'ils ont moins de 25 ans. "La situation la plus difficile à solutionner est celle des jeunes qui ne touchent pas de ressources à la sortie de l'école. C'est un débat difficile et piégé", met en garde Jacques Delors.

Le rapport pose aussi la question des minimas sociaux (RMI, ASS, etc) et vieillesse, "faibles" en France et "plus élevés dans d'autres pays". Il insiste enfin sur les inégalités générées par l'espace et l'éloignement du lieu de travail, sources de fragilité. "On ne peut pas encore parler de deux France, mais l'espace joue un rôle dans les clivages" sociaux, juge Jacques Delors. La CGT a salué "les mérites" du rapport du Cerc, "qui confirme que 4 salariés sur 10 voient chaque année baisser leur salaire individuel, et 2 sur 10 de 15% ou plus !"

D'après agence

le 18 novembre 2006 à 10:36
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5 Commentaires

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  • Riquelme, le 18/11/2006 à 14h35

    Je suis en parfaite accord avec Mr delors en ce qui concerne les jeunes, mais il y a aussi les gens qui ont entre 40 et 50 ans ce qui est mon cas et sans diplome on a pas le droit au travail et il est bien évident que le travail précaire se développe à la vitesse grand ce qui arrangent les patrons.

  • Laeti, le 18/11/2006 à 14h17

    "c'est l'emploi discontinu de ceux qui alternent contrats courts, intérim et chômage qui creuse l'écart entre riches et pauvres, explique ainsi le rapport" donc si je comprends bien c'est a cause des pauvres que les riches sont si riches. Avec des rapports comme ça on va pas aller loin.

  • Sans voix, le 18/11/2006 à 14h05

    A QUI LA FAUTE!!!!!!

  • Jean-pierre, le 18/11/2006 à 13h56

    Pourquoi tant d'inégalités encore en FRANCE? parce que la gauche et les syndicats ne veulent pas moderniser les entreprises et sont encore au stade de la lutte des classes !!!

  • HAD, le 18/11/2006 à 12h55

    Pour sortir une telle banalité cela a coûté combien aux contribuables ?...

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