Combien coûtent les fraudes aux Assedic

le 20 décembre 2006 à 09h36 , mis à jour le 20 décembre 2006 à 22h00

Un rapport parlementaire évalue à 140 millions d'euros le préjudice de ces fraudes à "caractère industriel".

TF1/LCI : Assedic : guichet de paiement des allocationsAssedic : guichet de paiement des allocations © TF1/LCI

La simplification des formalités de création d'entreprise a ouvert "des brèches" aux escroqueries à l'assurance chômage, qui ont pris "un caractère industriel" et ont déjà coûté 140 millions d'euros aux Assedic, selon un rapport parlementaire présenté mercredi. "La simplicité des formalités à remplir et l'absence de vérification ont conduit certains membres de la mission à se demander si aujourd'hui il n'était pas plus facile de créer une société que de prendre l'avion !", souligne le rapport de la mission d'information de l'Assemblée nationale présidée par le député UMP Dominique Tian.

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L'Unedic (le régime d'assurance chômage qui fédère toutes les Assedic) évaluait dans ses dernières estimations à 80 millions le montant des fraudes détectées. La réévaluation de ce montant à 140 million représente certes moins de 1% des quelque 23 milliards d'euros d'allocations chômage servies par les Assedic cette année ; mais elle renforce en tout cas l'idée que "de telles pratiques, qui relèvent de l'escroquerie et s'ajoutent à la fraude résultant de pratiques individuelles ne font qu'accroître le risque de discrédit qui pèse sur l'ensemble du système", souligne le rapport.

Renforcer les contrôles lors de l'immatriculation des sociétés

Les escroqueries les plus importantes, détectées à Paris, Créteil et Marseille, reposent généralement sur la création de sociétés fictives, censées avoir employé des faux salariés venant ensuite réclamer indûment leurs allocations chômage. Le rapport met en cause le boulevard ouvert aux escrocs par la multi-gérance et les sociétés de domiciliation. Certains réseaux impliquant des "ressortissants d'origine turque et pakistanaise", la mission s'est demandée s'il y avait des liens avec le banditisme voire la mouvance terroriste, pour finalement conclure "qu'elle n'est pas à même de faire la part des choses sur cette question".

Au final, la mission parlementaire préconise de "renforcer les contrôles lors de l'immatriculation des sociétés". Elle recommande la création de trois fichiers nationaux répertoriant "les gérants et dirigeants d'entreprise", ceux qui ont été "condamnés à des interdictions de gérer", et enfin "les entreprises faisant l'objet d'une procédure collective" (licenciements). Ces fichiers tenus par les tribunaux de commerce seraient consultables par les agents assermentés des Urssaf et des Assedic.

Le rapport suggère aussi que les employeurs du bâtiment et de la confection, "secteurs d'activité à risque", passent "de façon prioritaire" à la Déclaration nominative des assurés, prévue au demeurant depuis 2004 pour tous. Actuellement, les employeurs ne déclarant qu'une masse salariale globale, l'Unedic ne peut pas vérifier si l'employeur a bien cotisé pour le salarié venant s'inscrire, souligne le rapport. Les parlementaires appellent enfin à une meilleure coordination des organismes sociaux invités à "mettre en place rapidement un répertoire commun (...) sans que l'avis conforme de la Cnil soit requis pour son application".

D'après agence

le 20 décembre 2006 à 09:36
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14 Commentaires

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  • Mike, le 21/12/2006 à 04h53

    Ils connaissent les fraudeurs mais ne leur dise rien. C'est tout de même etrange, non !

  • Rv, le 20/12/2006 à 20h43

    Quand je pense que les assedic , m ont reclamer 124 euro a plusieur reprise , ils sont tellement depasser par les evenement , quils nosent a peine dire le montant de la fraude , messieurs je vous rassure notre argent et partis a l etranger

  • Sylvie, le 20/12/2006 à 17h07

    Pourquoi faut-il mettre en place des système de coordination au moment ou le mal est déjà plus que fait ? Faut-il encore attendre de se faire "plumer" un peu plus ?

  • OLIVERI, le 20/12/2006 à 16h59

    Il semble que les responsables de l' Assedic et de l'Unedic découvrent un phénomène dont on parle depuis longtemps au comptoir de tous les cafés de France et de Navarre... il n'y a pas de plus aveugle que celui qui ne veut rien voir, surtout pour "sa" paix sociale.

  • Vastre, le 20/12/2006 à 14h14

    Tant que, sous prétexte de protéger la liberté, on se refusera à croiser les fichiers, les mafias prospèreront et les caisses publiques se feront plumer par des professionnels de la carambouille ! L'Etat socialiste naïf, de droite ou de gauche, doit utiliser les méthodes de ses adversaires, afin de défendre le fric des citoyens honnêtes.

  • Bidou, le 20/12/2006 à 14h10

    Dans la mesure où ceux qui trichent ne risquent guère, ils auraient bien tort de s'en priver. Personnellement, je veux bien piquer 100 briques si je ne risque que 10 ans avec sursis.

  • Robert-Le-Penseur, le 20/12/2006 à 13h55

    Quand je pense qu'après on montre les SDF et rmistes du doigt, alors que certaines personnes "soit-disant" bien insérées dans la société ne sont en fait que de véritables escrocs parasites (certains avec un train de vie affolant) qui n'ont fait que profiter de failles du système en créant des entreprises bidons, qui ne produisent aucune richesse et n'ont aucun seuil de rentabilité, et en se gavant des aides qui leur sont alouées. (parfois en millions) Ces pseudos entreprises ne sont que des boulets pour la société. Vivement un contrôle plus strict

  • Maxence, le 20/12/2006 à 13h51

    Si, même l'on interdisait à un "gérant ou dirigeant" de créer une entreprise ou autre, les membres de la "famille" pourrait prendre le relais très rapidement. A quand le croisement des informations entre administrations de contrôle et une pénalisation adaptée ?

  • Robert-Le-Penseur, le 20/12/2006 à 13h49

    Il serait intéressant de connaître le nombre de sociétés bidons (fictives ou non) qui sont crées chaque année en France ? Quel est leur coût pour la collectivité ? Combien de millions voir milliards d'? "d'aide au développement" sont investis en pure perte dans des projets fictifs ou qui sont voués à l'echec depuis le commencement (aucun seuil de rentabilité possible, aucune production de richesse) ? Comment les investisseurs peuvent être aussi naifs quand on voit la gueule de certains dossiers ? Il n'y a t-il pas des consignes politiques pour fermer les yeux sur ces véritables investissements à pure perte ?

  • Chirac, le 20/12/2006 à 12h35

    Et combien coute le détournement des fonds publiques,la surfacturation des travaux commandés par l'état,et les commissions versés aux donneurs d'ordre,plus que la fraude aux assedics et cpam.

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