Le Samu social de Paris épinglé

le 04 décembre 2006 à 17h26 , mis à jour le 04 décembre 2006 à 21h05

Un rapport de la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France pointe du doigt le poids des dépenses hôtelières dans la prise en charge des sans-abris.

clochard SDF rue marseille

"Bilan insatisfaisant". Un rapport de la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France épingle sévèrement certains aspects de la gestion du Samu social de Paris, pointant notamment le poids des dépenses hôtelières liées à la prise en charge des sans-abris. Selon ce document de 72 pages portant sur les années 2000 à 2004, évoqué lundi par France Info et publié le 15 novembre, les dépenses du Samu social de Paris ont atteint 38 millions d'euros en 2004, dont 24 consacrés à l'hébergement en hôtel de plus de 3000 adultes en panne de logement.

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Faute d'hébergement adapté, le Samu social a dû s'adresser à quelque 150 hôtels. Or ces établissements offrent des "prestations médiocres" pour un "coût élevé" (jusqu'à 2040 euros par mois pour une famille de quatre personnes, selon le rapport) tandis que la durée moyenne d'hébergement des familles n'a cessé d'augmenter (quatre mois en 2004, cinq en 2006, selon le Samu social). En 2004, le Samu social de Paris a par ailleurs délégué la recherche de nouveaux hôtels à trois prestataires privés. Sur la base des chiffres de janvier et février 2004, il a dû payer à deux de ces intermédiaires 383.000 euros au titre de leur marge commerciale, selon le rapport.

"On n'a pas de place ailleurs"

La Chambre régionale des comptes relève également que "le Samu social de Paris assume une mission - l'hébergement des familles en situation irrégulière - qui ne relève pas de sa compétence première. Il colmate les brèches au mieux, sans que les administrations de tutelle ne soient véritablement saisies du problème".

"Nous butons sur l'engorgement de l'accès au logement et le fait que ces personnes n'ont pas de statut et de droits", se justifie Stefania Parigi, Directrice du Samu social de Paris, en réaction au rapport. "Le fait de ne laisser aucune famille avec enfants dans la rue est dans notre cahier des charges", explique-t-elle, soulignant que seules 50 places en hébergement collectif étaient mises à la disposition du Samu social de Paris pour ces familles, alors que, dans la capitale, créer des structures d'hébergement pour celles-ci restait "très compliqué". "Le fait que l'on ait recours à des hôtels signifie que l'on n'a pas de place ailleurs pour héberger ces familles sans droit", ajoute-t-elle.

Créé en novembre 1993, le Samu social de Paris est un groupement d'intérêt public (GIP) mettant en commun des moyens apportés par l'Etat, qui le finance à 80%, l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), le centre d'action sociale de la ville de Paris, la SNCF ou des entreprises privées comme Peugeot. Il mène des maraudes pour aller au contact des SDF, gère le numéro d'urgence pour les sans abri à la recherche d'un hébergement (115) et plusieurs centres d'hébergement d'urgence.

D'après agence

le 04 décembre 2006 à 17:26
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1 Commentaires

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  • zen1491, le 03/08/2011 à 08h53

    Depuis le temps que ces pauvres gens sont hébergés de façon précaire dans des hôtels souvent miteux qui coûtent un prix d'or à la collectivité, on aurait pu construire de vrais lieux d'habitation.

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