Dans les couloirs du "ministère de la Crise"

Par , le 04 janvier 2007 à 05h00 , mis à jour le 04 janvier 2007 à 10h45

Depuis une semaine, un immeuble situé près de la Bourse à Paris est occupé par des sans-logis à l'initiative de trois associations. Artistes, travailleurs précaires ou familles, ils resteront tant qu'il le faudra.

TF1/LCI Néné et sa filleNéné et sa fille © TF1-LCI

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La vue sur le Palais Brongniard est imprenable. La moquette est épaisse, les plafonds hauts, les pièces spacieuses, l'ensemble relativement chaleureux. L'immeuble du 24, rue de la Banque, à deux pas de la Bourse, dans le IIe arrondissement, à Paris, est plutôt cossu. Pourtant, l'adresse n'est pas celle d'un hôtel grand luxe mais celle d'un squat. Le bâtiment de 1000 m2 est celui d'une ancienne succursale du CIC, vide depuis trois ans, réquisitionné depuis une semaine par trois associations : l'association culturelle et artistique Macaq, à l'origine de cette initiative avec Droit au logement (DAL) et le collectif Jeudi Noir contre le mal-logement.

Une quarantaine de personnes vivent à l'intérieur, dispatchées sur les six étages. L'ambiance est celle d'un "vrai" immeuble avec des portes qui claquent, des effluves de nourriture qui embaument l'air, des gamins qui jouent dans l'escalier, des dames qui commentent la météo dans le hall... A chaque palier son atmosphère. Le premier est celui du "ministère de la Crise du logement" inauguré lundi par les trois associations. "Le but d'une telle action est de placer ce dossier au cœur du débat" avant les élections, explique Julien Bouchet, le fondateur de Macaq, le collectif à l'origine de la réquisition. Dans la grand pièce empreinte d'odeurs de café et de peintures, ça s'affaire : aménager l'espace, donner un dernier coup de pinceau aux banderoles, répondre aux sollicitations des journalistes...

L'heure des grandes capitales

Au deuxième, place aux artistes. Le palier embaume l'encens. La décoration est de bric et de broc. Ici des toiles, là des chaises, une lampe... Ils sont cinq à squatter avec comme point commun, un parcours chaotique. Dans son bureau qui lui sert de chambre, "Olive", 38 ans aménage sa pièce sur fond de Rage Against de Machine. Ancien jongleur et ingénieur du son, il a du mettre un terme à sa passion pour raisons médicales. C'était il y a trois ans, depuis il n'a plus rien, depuis il squatte à gauche, à droite. Les autres paliers sont réservés aux travailleurs précaires et aux familles sans logement. Elles sont huit avec une vingtaine d'enfants. Dans une salle de réunion, une maman en boubou traditionnelle prépare un plat de semoule. Autour d'elle, ses enfants, deux petits garçons, trois filles, la petite dernière profondément endormie sur un matelas. Sur le mur, des cadrans donnent l'heure des grandes capitales européennes, vestige de l'ère "financière" du bâtiment.

Dans le bureau d'à côté, une pièce à l'élégante moquette beige, il y a Néné, 26 ans, Malienne et mère de deux enfants. Le plus jeune dans ses bras, elle explique avoir été expulsée en septembre dernier d'un appartement qu'elle avait décroché après des années d'errance chez des amis pour un "faux bail". L'appartement lui avait été sous-loué par un locateur mauvais payeur. Voilà trois ans qu'elle demande un logement social. Avec un salaire de 600 euros, elle ne peut pas trouver ailleurs, dit-elle. "Avec cette réquisition, on veut interpeller le gouvernement sur cette situation du mal-logement. On veut ainsi aussi montrer que ce fait de société touche tout le monde", martèle Julien Bouchet. Qu'ils soient travailleurs précaires, artistes sans le sous ou familles avec ribambelle d'enfants, cette petite communauté hétéroclite de ces sans-logis répète à qui veut l'entendre qu'elle ne partira pas de cette ancienne banque avant d'avoir touché le jackpot, une solution concrète de relogement.

Par Amélie Gautier le 04 janvier 2007 à 05:00
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25 Commentaires

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  • Augerot, le 04/01/2007 à 16h42

    C'est bien triste cette affaire,mais lorsque je suis arrivé à Paris avec femme et enfant (1) la Mairie du 19ème Arr. ne m'a jamais donné d'appart. C'est mon épouse en tant que fonctionnaire qui en a obtenu un en 1974... même à cette époque c'était déjà très difficile..Je ne crois plus guère aux Politiques... du blabla....

  • Melinda, le 04/01/2007 à 14h50

    A Tom de Paris, marre de cet argument complètement débile, comme quoi les célébrités qui défendent les sans abris devraient mettre leur appart à leur disposition?!! Vous croyez vraiment que les gens à la rue (ou squatteurs) sont des parasites?! Et bien non, ils veulent un logement à eux, un travail à eux. Squatter chez les autres n'est le rêve de personne! Et je trouve ces célébrités très courageuses de les défendre, alors qu'elles pourraient très bien se tourner les pouces. On dirait que lorsqu'on est riche, on doit surtout se montrer en plus égoistes et n'en avoir rien à foutre des autres! C'est surement que ce vous feriez, vous, Tom, si vous aviez de l'argent? Totalement désolant

  • Lucide, le 04/01/2007 à 14h33

    Qu'est ce qui est prévu pour le paiement des charges de l'immeuble, de l'assurance habitation, de la facture d'eau & d'électricité. On veut bien etre logé mais pas à n'importe quel prix!

  • FG, le 04/01/2007 à 14h28

    Apres 5 ans d'immobilisme, une pluie de reformes a 4 mois des elections, peut elle vraiment ameliorer un bilan economique et social calamiteux ?

  • Papy néné, le 04/01/2007 à 13h49

    Dans cette affaire, ce qui me gêne le plus, ce sont les réactions des célèbrités du cinéma ou de la musique et surtout des politiques qui se servent de la misère des français pour récupérer des voix aux prochaines élections, par contre, aucun ne parlent de blocage ou de diminution de loyer, ont-ils peur de voire leurs revenus diminués dans leurs investisments immobiliers ???? A REFLECHIR. MERCI DE ME PUBLIER.

  • Vis, le 04/01/2007 à 13h28

    Je ne comprend pas la jalousie maladive de certains internautes de ce forum allez les trouver et echanger vos vies si vous etes tellements jaloux!

  • David, le 04/01/2007 à 13h11

    C?est trop facile d?accusé les propriétaires de la crise du logement si l?état n?avait pas baissé les placements Et les retraites ( + cotisation ralongée ) on n?en serait pas l?a

  • Chapet, le 04/01/2007 à 13h11

    Les dirigenats de l'UM/PS ont toujours de bonnes idées financées par les contribuables. On va retrouver tout ceci dans nos impots locaux. Pourquoi ne pas antciper ceci par une diminution préalable des fetes , pots à l'UM/PS et subventions accordées à des assocations aussi nombreuses qu'inutiles.

  • Patrick jaquin, le 04/01/2007 à 12h43

    Si on arretait de dépenser des millions d'euros pour des c......., comme des pistes cyclables, des tramways, tout ce gâchis d'argent pour faire plaisir à 3 écolos ou à une minorité de people en mal de reconnaissance,toujours prêts à parler de grands sentiments mais qui ne font rien de concret, si on arrêtait d'assommer les gens avec des charges de plus en plus lourdes, comme par exemple celles - énormes - des ascenseurs qu'il faut rénover COMPLETEMENT sous prétexte qu'il y a eu 3 accidents mortels en un an, dont au moins 2 sont dûs à la malveillance, si on arrêtait tout ça, il y aurait largement de quoi construire des logements pour tous les sans abris de Paris et d'ailleurs. Merci de me publier. Patrick. Paris.

  • Bernadette, le 04/01/2007 à 12h18

    J'ai vraiment besoin d'intervenir ici: 1° je suis d'accord avec les personnes qui n'approuvent pas ce genre d'action 2° mon exemple personnel: en 2000 (de retour de l'étranger avec ma famille) nous avons acheté un appartement. Etant donné les prix, nous nous sommes contentés d'un 80m2 plus balcon pour être précis. Je dois préciser ici qu'à ce moment là mon mari n'avait pas de revenus stables. Que vois-je aujourd'hui dans la même commune: le même promoteur fait un nouveau programme (immeubles) plus des maisons en duplex avec une belle superficie. Renseignements pris, ces maisons sont réservés aux familles dont les revenus sont modestes. OK; c'est bien. Mais en final: nous qui ne pouvons accéder à ces maisons du fait que nos revenus sont au-dessus des barêmes, nous devons nous contenter d'une superficie plus petite pour 4 personnes. J'avoue que je ne comprends pas bien.. Finlement; l'idéal c'est de gagner peu pour accéder à toutes les aides. Vivement 2007.

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