Licenciés pour avoir fait grève le 31 décembre

Par , le 10 janvier 2007 à 18h23 , mis à jour le 12 janvier 2007 à 12h46

Ulcérés par un mouvement de grève le 31 décembre, les groupes Partouche et Tranchant ont convoqué les grévistes à un entretien préalable au licenciement.

casino jeux d'argent roulettes cartes hasard © DR

Les salariés des casinos qui ont fait grève le 31 décembre étaient-ils dans leur droit ? Non, selon les directions des groupes Partouche et Tranchant qui exploitent les casinos et qui ont l'intention de les licencier. Ces derniers ont tous reçu la semaine dernière des lettres recommandées les convoquant à un entretien préalable de licenciement. Neuf personnes sont concernées à Berck-sur-Mer dans le Pas-de-Calais et cinq à Evaux-les-Bains dans la Creuse pour le groupe Partouche. Entre quatorze et dix-sept salariés du casino de Pougues-les-eaux dans la Nièvre appartenant au groupe Tranchant devraient également être licenciés.

"Il ne s'agit pas d'une grève mais d'un abandon de poste", a estimé Georges Tranchant, le président fondateur du groupe qui exploite 21 casinos dont 16 en France. "Les casinos étant des délégations de service public, tout mouvement social doit faire l'objet d'un dépôt de préavis de grève", a affirmé le PDG à LCI.fr. Or, il n'y en a pas eu. Une position contestée par Force ouvrière : "Les préavis de grève concernent la fonction publique mais les casinos relèvent du privé et dans ce cas, un mot d'ordre de grève national comme celui auquel ont appelé FO, la CGT, la CFDT et la CGC le 21 décembre suffit", relève David Rousset, secrétaire général de FO Casino, contacté par LCI.fr.

Les syndicats en appellent à Nicolas Sarkozy

Cet appel à la grève avait été lancé lors d'une commission mixte paritaire entre les syndicats et le patronat à la suite d'un désaccord sur les salaires. Un certain nombre de casinos n'avaient pas pu ouvrir leurs portes le soir de la Saint-Sylvestre, un moment important pour le secteur des jeux. Ce mouvement avait ulcéré les dirigeants du groupe Partouche : "Alain Partouche était venu nous voir à Berck le 31 décembre et nous avait dit que ceux qui ne reprendraient pas le travail pourraient aller voir ailleurs en 2007", rapporte Carole Poulet, croupière au casino de Berck et déléguée syndicale FO.

"Nous allons saisir par courrier le ministre de l'Intérieur pour lui demander d'exercer son pouvoir de suspendre ou révoquer ces directeurs pour motif de troubles à l'ordre public conformément à l'article 12-V, alinea 4, du réglement des Jeux", a indiqué David Rousset. Ce courrier sera transmis à Nicolas Sarkozy jeudi, lors d'une entrevue avec les syndicats de salariés des casinos. "Je ne vois pas très bien ce que vient faire le ministre de l'Intérieur dans un conflit social", a estimé Georges Tranchant.

Pour Force ouvrière, il s'agit d'une remise en cause du droit constitutionnel de grève. L'intersyndicale tiendra par ailleurs une conférence de presse le mercredi 17 janvier à Berck avec les salariés qui s'apprêtent à être licenciés, le jour de leur convocation à l'entretien préalable. Si les licenciements sont confirmés, les syndicats porteront rapidement l'affaire devant les Prud'hommes.

Par Sophie Lutrand le 10 janvier 2007 à 18:23
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

46 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Yves, le 11/01/2007 à 16h27

    Je suis sidéré par les 2 dernières remarques : - "faites grèves mais pas le 31 parce que ça dérange trop" Mais vous vous prenez pour qui ? Yves.

  • Bean, le 11/01/2007 à 15h58

    Le droit de grève est une bonne chose... et comme toutes les bonnes choses, il ne faut pas en abuser! S'il est inscrit dans la Constitution, il est aussi encadré légalement. Laissons la justice apprécier si cette grève était légale ou non. Par contre en appeler au Ministre de l'Intérieur pour suspendre ou révoquer les directeurs de casino me semble assez stupide: ça ne fera que renforcer les arguments assujettissant les casinos au service publique...

  • Otto, le 11/01/2007 à 15h40

    Stéphanie de Paris, il ne s'agit pas de délocalisation ni de course à la rentabilité mais d'abus de la part de salariés qui voulaient augmenter leur salaire. Il ne faut pas tout confondre.

  • David, le 11/01/2007 à 14h27

    Donc si je comprends bien il ya des jours pour faire greve et d'autres non??? bravo les gars on en reparle quand vous serez dans la mouise. au fait je me suis renseigné les grevistes qui vous ont empeche de jouer le 31 (vous avez les moyens) gagnent en moyenne entre 1000 et1200? pour travailler lesnuits dimanche et jours feries -----------pardonnez leur d'avoir fait perdre messieurs partouche et consort de substantielles subsides sur les mises de cette nuit là. vous devriez reflechir avant de crier haro sur le droit de greve car , à force , il sera supprimer ou meme restreint et quand vous n'aurez plus d'autres solution pour vous faire entendre vous n'aurez plus qu'a aller pointer au chomage .

  • Laurent, le 11/01/2007 à 13h09

    Que les syndicats assument leurs actes puisqu'ils n'ont pas respectés les règles

  • Carine, le 11/01/2007 à 12h52

    Le jour où l'on proposera de travailler à tous les bien pensants méprisant ce qui a été obtenu par les syndicats de travailler pour 0.01 euro de l'heure peut être se diront-ils que les syndicats avaient finalement une petite utilité. De plus ce n'est pas quand nous n'auront plus aucun droit social qu'il faudra se dire qu'il faut faire quelque chose car ce sera trop tard et surtout il faudra du temps avant de les retrouver. Enfin que tous les bien pensants soutenant ces pauvres patrons qui vivent si mal renoncent à leurs congés payés, à la sécu (aux Etats Unis 100 dollars la visite de médecin) et surtout au SMIC (seuls face à leur patron si bienveillant je pense qu'ils pourront toujours pleurer lorsqu'ils recevront leur fiche de paie. Soutien à ces employés. Publiez moi SVP.

  • Philippe, le 11/01/2007 à 12h18

    Le droit de grève existe certes, mais ils auraient pu la faire un peu avant ou un peu après. La faire ce jour-là, c'est pour dire : 'je vous emm*****'. La sanction est donc juste.

  • Alex, le 11/01/2007 à 12h00

    Ben oui, qu'on les vire !! Le probleme n'est pas qu'ils aient fait greve, mais plutot qu'ils aient fait greve le 31 decembre ! Fallait pas s'etonner du resultat logique : a la porte !! Lorsque l'on veut negocier, ce n'est pas en mettant le couteau sous la gorge de son interlocuteur.

  • Marcel, le 11/01/2007 à 11h55

    Quelle honte ! Deux mesures radicales a prendre , virer ces pdg indignes de gerer du personnels (avec l'interdiction pour la famille partouche de gerer le moindre etablissement de jeux en france a vie) et confisquer les benefices des 5 ou 10 dernieres années de ces etablissements comme punitions .

  • Bazin, le 11/01/2007 à 11h28

    Les syndicats crient à longueur d'année contre Sarko et dans leur majorité contre la police mais quand ils ont bobos les pauvres petits ils appele Sarko à l'aide. L'histoire se repete, à la dernière guerre mondiale beaucoup de syndicalistes se sont ranges au coté de l'ennemi mais des que la liberation est arrivée ils se sont rangés à coté des partisants. Les syndicalistes sont des clowns tristes.Merci de pas censurer.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience