Le site Alcatel de Vélizy © TF1/LCIDes débrayages ont été organisés ce jeudi entre 9h30 et 11h30 en France, à l'appel de l'intersyndicale de l'équipementier en télécommunications Alcatel Lucent. Mercredi, les syndicalistes ont dénoncé "un véritable séisme social", en détaillant site par site les 1468 suppressions d'emplois décidées en France, qui touchent sévèrement la région parisienne. La moitié des suppressions prévues dans ce plan de sauvegarde de l'emploi concerne la région parisienne (Vélizy, Nozay et Châteaufort notamment) ; près de 450 emplois vont aussi être perdus en Loire-Atlantique et en Bretagne, où deux annexes rennaises fermeront.
Conséquence de ce plan, les délégués syndicaux ont constaté ce jeudi "un mouvement de fond" en réponse à leur appel à la grève. Dans certains centres, les débrayages sont allés au-delà des deux heures prévues. Ainsi à Orvault (Loire-Atlantique) comme à Lannion (Côtes-d'Armor) et à Rennes, le mouvement s'est transformé en grève pour la journée. A Vélizy (Yvelines), les syndicats ont constaté 400 grévistes. Après une réunion d'information, le même nombre de salariés sont sortis du centre de Villarceaux (Essonne) pour bloquer les accès au site. Les manifestants ont été rejoints par 200 salariés du site voisin de Marcoussis.
Breton souhaite des suppressions d'emplois "parfaitement négociées"
"On en a connu des plans sociaux depuis 20 ans : toute la production est déjà partie dans les pays à bas coûts, et toute la recherche et développement va suivre le même chemin", a regretté Marc Marandon, élu CGT. "On est très inquiet sur l'évolution de notre entreprise, à terme", a renchéri Francis Cauchy (CFDT). "La direction nous demande de quoi on se plaint, puisqu'on est dans la moyenne mondiale des coupes dans les effectifs (15%) et que nos collègues allemands vont être plus durement affectés", à hauteur de 20%, a ajouté un délégué. Ainsi en Belgique, le site de Geel doit être cédé et 130 à 140 emplois vont disparaître ; en Italie, des négociations sont en cours. Par ailleurs, Alcatel-Lucent "est habile : elle annonce dans le même temps environ 150 recrutements dans ses différentes filiales", a fustigé l'intersyndicale.
L'intersyndicale ne se résoud pas "à ce nombre de départs bruts": "nous avons demandé une expertise économique pour mieux comprendre sur quelles prévisions s'appuie la direction" et "proposer des alternatives". "Il faut clarifier les enjeux et défis du secteur des télécoms en France préalablement à l'ouverture de négociations sur le plan de sauvegarde de l'emploi", a renchéri dans un communiqué le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher, après avoir rencontré mercredi après-midi des salariés du groupe. Thierry Breton a souhaité pour sa part jeudi que les suppressions d'emplois se fassent dans un contexte "parfaitement négocié" et "sur la base de de départs volontaires".
D'après agence
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