© TF1/LCIL'ensemble des syndicats du personnel de l'ANPE a lancé un appel à une grève nationale jeudi, jour de la publication des chiffres du chômage. Objectif : contester un décret qui "attaque le service public de l'emploi", selon ces derniers. Le document fixe à l'Agence nationale pour l'emploi les règles pour créer des filiales commerciales en vue de facturer certains services aux entreprises. Le texte est paru mercredi au Journal Officiel.
Il fixe les activités pouvant être exercées par ces éventuelles filiales, précise leurs conditions de création, les modalités de contrôle de l'Etat et les garanties pour éviter une distorsion de concurrence. "Ces filiales peuvent fournir des services payants sauf pour les demandeurs d'emploi", soulignait la loi de Cohésion sociale. Ce texte ouvre la voie à une plus forte représentativité des collectivités territoriales et à une décentralisation de certaines compétences au niveau des directions régionales.
"Provocation"
Les syndicats de l'ANPE redoutent un éclatement complet du statut de l'Agence, avec le transfert à des filiales d'une partie des missions transformées en services payants, comme le recrutement par simulation. Ils redoutent aussi que la gratuité et l'égalité de traitement soient perdues, au détriment des personnes recherchant un emploi. Le directeur général de l'ANPE Christian Charpy a déclaré mardi n'avoir "à ce stade, aucun projet de création de filiales de droit privé ni de projet de facturation de nos services aux entreprises".
Le SNU-ANPE-FSU, organisation syndicale majoritaire à l'ANPE, juge que le gouvernement a fait "passer en force" le décret "pour tenter d'atténuer la puissance de la grève annoncée" et réclame l'abrogation du texte. Le personnel de l'ANPE, "une fois de plus, se sent méprisé. Par delà cette provocation, tous les éléments en notre possession convergent aujourd'hui pour nous amener à penser que demain la grève sera très forte", conclut le communiqué.
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