Stockage d'hydrocarbures près du port de Marseille © TF1/LCIAlors que le protocole de sortie de crise négocié lundi n'a pas abouti à un accord et que la grève est entrée dans sa troisième semaine, la CGT, les directions du Port autonome de Marseille et de GDF ont annoncé mercredi la tenue d'une nouvelle réunion pour jeudi, sous l'égide du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'azur, pour tenter de mettre fin au blocage des terminaux hydrocarbures du port de Marseille. "La délégation de la CGT va soumettre des propositions sérieuses visant à respecter les deux entités publiques de GDF et du PAM. J'attends de voir s'il y a une volonté de la part des autorités de sortir du conflit, ce dont je peux douter aujourd'hui", a déclaré Bernard Thuibault, secrétaire général de la CGT.
La direction du PAM, qui appris avec "étonnement" le rejet du protocole de sortie de crise, a indiqué qu'elle était arrivée "aux limites de ses propositions". Thierry Breton en a appelé "à la responsabilité, en particulier des partenaires sociaux". "Je suis le dossier avec inquiétude", a réagi le préfet de région, Christian Frémont. C'est également au préfet que la CGT a demandé de convoquer une "réunion de tous les concernés : la fédération CGT de l'énergie, la fédération CGT des ports et docks, l'UD-CGT, la direction de GDF et la direction du PAM". En attendant, les grévistes doivent s'entretenir dans la journée avec Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, présent à Marseille pour le congrès de l'UGICT-CGT.
L'enjeu du conflit : l'emploi d'agents portuaires pour le branchement et le débranchement des méthaniers au futur terminal de GDF à Fos-sur-Mer, à partir de 2008. Invoquant des raisons de sécurité, GDF veut y employer son propre personnel. "C'est la privatisation du port qui se profile. C'est cela l'enjeu", argumente Thierry Pettavino. Les pétroliers à qui la grève de 2005 avait coûté 25 millions d'euros, font déjà les comptes : depuis le 14 mars, le conflit leur a coûté "7 millions de dollars", soit 5,2 millions d'euros, selon Jean-François Cousinié, délégué de l'Union française des industries pétrolières (UFIP) pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Quant aux raffineries alimentées depuis Marseille et qui tournent déjà à 65% de leur capacité, il estime qu'elles "ne pourront fonctionner que jusqu'à vendredi ou samedi, par manque de pétrole" (voir notre article sur les menaces de pénurie). La moitié des raffineries françaises qui tournent déjà au ralenti pourraient donc s'arrêter de fonctionner en fin de semaine.
D'après agence
Les raffineries s'arrêteront "dès vendredi" |
L'Union française des industries pétrolières (UFIP) a affirmé mercredi que des raffineries commenceront à s'arrêter "dès vendredi" si la grève se poursuit sur les terminaux pétroliers du port autonome de Marseille, "ce qui conduira inévitablement à la raréfaction des produits disponibles, tels que essence, gazole et fioul domestique dans les jours qui viennent". Selon une source proche du dossier, une pénurie ne se ferait sentir qu'une dizaine de jours après l'arrêt des raffineries. L'UFIP a ajouté que le conflit avait "des conséquences environnementales directes : plusieurs raffineries ne sont plus à même de stocker les produits issus du raffinage, notamment le gaz de pétrole liquéfié qui est d'ores et déjà brûlé à la torche, avec des conséquences néfastes sur l'environnement". |
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