Le port autonome de Marseille © TF1/LCIAprès seize jours de grève des agents CGT du Port autonome de Marseille (PAM), les négociations destinées à débloquer les terminaux pétroliers de Fos-Lavéra ont échoué jeudi. Les discussions sont dans une "sorte d'impasse", mais le dialogue n'est pas rompu et reprendra vendredi après-midi, a déclaré le préfet Christian Frémont.
"Nous sommes dans une situation de blocage de principe", a déclaré Pascal Galéoté, adjoint au secrétaire général de la CGT du Port autonome de Marseille. "On tourne en rond", avait -il déjà soufflé lors d'une interruption de séance. "On nous fait des propositions d'embauche, mais ce sont des emplois qui ne répondent pas du tout à nos revendications", avait-il affirmé.
33 pétroliers attendent la fin du mouvement
Les grévistes réclament le recours à un personnel portuaire pour le branchement et le débranchement des méthaniers sur le terminal de GDF. Ils ont proposé l'emploi d'un "personnel mixte" pour assurer ces opérations. Invoquant des raisons de sécurité, GDF refuse de céder à cette exigence. Le gouvernement "veut contraindre Gaz de France à accepter des salariés du port (de Marseille-Fos) dans ses équipes", pour tenter de mettre fin à la grève, assure vendredi l'édition en ligne du quotidien économique Les Echos.
L'installation, actuellement en construction à Fos-sur-Mer pour un coût de 350 millions d'euros, doit entrer en service en 2008. Au total, 58 navires dont 33 pétroliers attendent sur rade la fin du mouvement, qui menace à terme l'approvisionnement d'une partie de stations-service, notamment dans l'Est de la France.
"Conséquences négatives"
L'UFIP (Union française des industries pétrolières) affirme que les raffineries commenceront "à s'arrêter les unes après les autres dès vendredi". Total a pour sa part précisé que la production de deux de ses raffineries, à Feyzin et La Mède, avait été réduite d'un tiers. Il s'agit de permettre au groupe de continuer à produire encore "cette semaine", avant de "voir la semaine prochaine si on doit arrêter". L'approvisionnement en hydrocarbures de la raffinerie de Reichstett (Bas-Rhin) est "garanti pour les prochaines semaines", malgré la grève, a indiqué vendredi la direction de Shell.
Il n'y a pas pour l'instant d'impact sur la distribution aux clients, mais il pourrait y avoir des "conséquences négatives" sur la distribution si la grève devait continuer et entraîner l'arrêt des raffineries. Chez Esso, on estime qu'il est "beaucoup trop tôt pour parler de pénurie" d'essence. En revanche, l'Union des industries chimiques (UIC) s'est alarmée de la situation, appelant les pouvoirs publics à "rétablir, le plus rapidement possible, le fonctionnement normal du port".
D'après agences
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