Laurence Parisot, présidente du Medef/image d'archives © LCI"Nous estimons que nous pouvons tendre vers 4% de croissance et nous proposons que ce soit un objectif pour la fin du quinquennat", a déclaré la présidente du Medef mardi lors d'une conférence de presse. Regrettant que les principaux candidats semblent se "contenter d'une croissance à 2 ou 2,5%", dans leurs programmes, elle les a appelés à se montrer "moins craintifs" et "nettement plus ambitieux" en la matière.
"Il faut changer de point de vue", selon Laurence Parisot, en passant d'une politique "qui fait de la demande le seul levier de l'action économique" en incitant les ménages à consommer, à une approche "qui met la priorité sur l'offre" en encourageant les entreprises à produire. "Si la France faisait le choix d'une véritable politique de l'offre ce serait une révolution copernicienne", a martelé Laurence Parisot, jugeant que pour l'instant "aucun" candidat n'est dans cette "démarche".
Des licenciements par "consentement mutuel"
Le Medef propose "cinq leviers" à "activer simultanément" pour garantir leur efficacité. Il s'agirait de doubler le rythme de l'investissement, avec une augmentation de 30 milliards d'euros en 5 ans, de stimuler la recherche et l'innovation, en augmentant de 50% les dépenses de R et D dans l'industrie, soit 10 milliards supplémentaires en 5 ans et d'augmenter de 80.000 à 90.000 le nombre de PME de 20 à 250 salariés en les aidant à grandir.
L'organisation patronale veut aussi faire passer de 611 à 670 le nombre d'heures travaillées par habitant, et accroître les exportations de 80 milliards d'euros par an. Les moyens envisagés par le Medef pour remplir ces objectifs ne sont en revanche pas nouveaux : décloisonner recherches publique et privée, réformer les universités, supprimer la durée légale du travail et la taxe professionnelle, créer un licenciement "par consentement mutuel" ou transférer "progressivement" les cotisations patronales famille ou maladie vers les contribuables.
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