Détail de l'uniforme d'un policier © TF1/LCIL'Unsa-police a appelé pour aujourd'hui à Marseille les policiers à une "manifestation de ras-le-bol", avant un meeting de protestation le 3 avril à Paris. Mais ce mouvement du premier syndicat de gardiens de la paix est mal vu par certains, qui y voient volontiers un "caractère politique" en pleine campagne pour la présidentielle et alors que Nicolas Sarkozy vient de quitter l'Intérieur.
Joaquin Masanet, secrétaire général de l'Unsa-police, proche de la candidate socialiste Ségolène Royal, s'en défend : il avait, assure-t-il, "prévu" ces initiatives "de longue date" et nie "vouloir peser sur le scrutin". Mais pour lui, "les policiers, sur le terrain, en ont ras-le-bol" des "violences" de la "prime au mérite", instaurée par Nicolas Sarkozy à l'Intérieur. Joaquin Masanet veut "faire entendre aux politiques (son) cahier revendicatif". Et de rappeler : "En 2001, juste avant (la campagne présidentielle de) 2002, il y avait déjà eu des manifestations de policiers. Qui s'en souvient ? Nous a-t-on accusé de faire pression à cette époque ?"
"Revendications légitimes", mais désaccord sur la date
Sans nommer l'Unsa, Synergie a nénamoins "dénoncé" lundi, dans un communiqué, "l'attitude de certains qui, à quelques semaines de l'élection présidentielle, prennent en otages les policiers pour les instrumentaliser aux fins de favoriser le parti politique qu'ils ont choisi de soutenir". Même affirmation de la part d'Alliance, deuxième syndicat de gardiens de la paix. Tous deux visent, sans le nommer, le PS. "Les mêmes qui jouent aujourd'hui les contestataires se prosternaient, il y a encore peu, dans les couloirs de (la place) Beauvau pour obtenir des faveurs", ajoute Synergie.
Le Syndicat général de la police (SGP-FO), troisième syndicat, a stigmatisé pour sa part le "caractère politique" de la manifestation même si, dit son secrétaire général Nicolas Comte, les "revendications sont légitimes". "Nous ne voulons pas intervenir dans la campagne" et, dit-il, "aurions préféré que cette manifestation ait lieu avant la campagne, dans l'unité syndicale", ce que "nous avions en vain réclamé" fin 2006. A cette époque, les syndicats préparaient les élections professionnelles de la police, rappelle Nicolas Comte, et des violences avaient visé les policiers un an après les émeutes urbaines de 2005. Aussi, "à quoi cela sert-il de manifester maintenant ?" : Nicolas Sarkozy est parti et son successeur, François Baroin, "va gérer les affaires courantes".
D'après agence
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