
L'Afssaps corrige la mention "race noire" sur des médicaments
L'Afssaps rectifie depuis quelques mois des notices de médicaments contre l'hypertension qui utilisaient le mot "race noire". L'agence sanitaire invoque une mauvaise traduction européenne.
Publié le 28/01/2011
La discrimination à l'embauche est loin d'être réglée en France. Une enquête du Bureau international du travail révèle que près de quatre fois sur cinq (78,7%), un employeur français préfère embaucher un candidat "d'origine hexagonale ancienne" plutôt que son collègue d'origine maghrébine ou noire africaine. Cette enquête porte sur 2 440 offres d'emploi testées à Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg. "Près de 90% de la discrimination globale est enregistrée avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux testeurs en entrevue", souligne le BIT.
Selon les auteurs du rapport du BIT, une grande part de la discrimination à l'embauche se passe au niveau du CV, mais le CV anonyme n'est pas la solution à tout. "Tout travail qui amènerait à neutraliser les stéréotypes véhiculés par le CV pourrait avoir des résultats" mais le CV anonyme "n'est pas la solution pour régler l'ensemble des problèmes", selon Eric Cediey, co-auteur de l'enquête. Il a cité notamment l'hôtellerie-restauration, où les employeurs attachent plus d'importance à rencontrer systématiquement les candidats en chair et en os. Pour autant, c'est dans ce secteur qu'"on a enregistré le niveau de discrimination le plus fort à l'issue des entretiens", a-t-il ajouté.
Laëtitia et Latifa
Le rapport du BIT donne l'exemple d'une jeune femme convoquée en entretien parce que l'employeuse confond son prénom et croit avoir à faire à une certaine Laetitia. Quand elle comprend qu'il s'agit en fait de Latifa, elle tente de la dissuader de venir, avant d'écarter sa candidature après l'entretien, pour embaucher une autre candidate test, prénommée Emilie. Le ministère de l'Emploi n'a pas tardé à réagir. Il se dit "pleinement conscient des problèmes et des efforts qui doivent être accomplis", a-t-il indiqué mercredi. La discrimination à l'embauche est un délit passible de sanction pénale, a-t-il rappelé.
Les preuves du racisme à l'embauche en France ne sont pas nouvelles. La toute première enquête scientifique a été réalisée en 1976-1977, par l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Publiée en 1979, l'étude mesurait par testing les discriminations d'embauche et sur la location de logement faites aux Antillais et concluait à une "discrimination substantielle".
SOS racisme réclame des sanctions |
Le vice-président de SOS Racisme Samuel Thomas a regretté mercredi que l'enquête par testing effectuée par le BIT ne soit pas utilisée pour poursuivre les employeurs incriminés. "Ca fait quand même très longtemps maintenant que la discrimination est reconnue comme massive en France", a souligné Samuel Thomas au micro de France Info. "Recueillir ces preuves-là simplement pour une mesure statistique, c'est un peu du gaspillage". "Ce qu'on peut reprocher au BIT, c'est de n'utiliser la méthode du testing qu'à la moitié de son intérêt", a-t-il regretté. |
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