Royal à l'assaut du dossier Airbus

le 03 mars 2007 à 08h45 , mis à jour le 03 mars 2007 à 08h58

"Il faut organiser la riposte", a lancé vendredi la candidate socialiste à la présidentielle lors d'une rencontre avec l'intersyndicale d'Airbus.

Election présidentielle - TF1/LCI : Ségolène Royal rencontrant l'intersyndicale d'Airbus pour discuter du plan "Power 8" (2 mars 2007)Ségolène Royal rencontrant l'intersyndicale d'Airbus pour discuter du plan "Power 8" (2 mars 2007) © TF1/LCI

La candidate socialiste à la présidentielle s'est saisie du dossier Airbus, vendredi avec ses collègues présidents PS des régions, face à ce qu'elle a appelé "l'inertie gouvernementale" devant le plan de suppression de 10.000 emplois du constructeur aéronautique. En campagne depuis jeudi dans le Sud-Ouest, terre natale d'Airbus, Ségolène Royal a rencontré, pendant une heure et demi dans la soirée, l'intersyndicale d'Airbus, juste après une réunion publique à Pau, exprimant son "soutien" à la journée d'action programmée mardi.

Au terme de cet échange approfondi, Ségolène Royal a annoncé la création par les huit régions concernées par l'aéronautique (toutes PS), et "avec l'intersyndicale" d'Airbus, d'un "groupe stratégique" chargé d'examiner "des alternatives industrielles" au plan de restructuration Power 8 de l'avionneur. Selon la présidente du Poitou-Charentes, les régions pourraient, "comme l'ont fait les Länder allemands", aller "jusqu'à une entrée dans le capital d'Airbus si cela peut se révéler utile à la stabilisation du capital" de l'entreprise. "Il faut organiser la riposte, dans l'intérêt même de l'entreprise. Les régions ont décidé de servir de contre-pouvoir mais dans un sens positif", a-t-elle commenté. L'initiative des régions, a ajouté Ségolène Royal, est à la fois "une façon de dénoncer l'inertie gouvernementale" et "d'obliger le gouvernement à se positionner".

Une rencontre Royal-Merkel sur le thème d'Airbus

Jeudi à Mont-de-Marsan, la candidate PS s'était alarmée du "séisme industriel" que constitue à ses yeux le plan de restructuration avalisé par les Etats actionnaires (France, Allemagne, Espagne) d'EADS, la maison-mère d'Airbus. Selon Ségolène Royal, "l'actuel gouvernement est responsable de ce désastre". Dès lors, son équipe a passé une partie de la journée à organiser le rendez-vous avec l'intersyndicale, qui s'est déroulé avec la participation active des présidents des régions Midi-Pyrénées, Martin Malvy, et Aquitaine, Alain Rousset. Les deux hommes animeront le groupe de travail sur les solutions de rechange au plan Power8. Dès vendredi matin, Martin Malvy avait évoqué une prise de participation dans Airbus, une initiative qui nécessite un décret en Conseil d'Etat. Mais "si le gouvernement nous fait cette objection, c'est que la France n'est plus capable de rien faire", a-t-il averti devant les syndicats.

"On est dans un système sur lequel il faut que toute la lumière soit faite : comment se fait-il qu'une entreprise qui a des commandes pour cinq à six ans soit obligée de procéder à des annonces très traumatisantes ?", s'est demandée Ségolène Royal après avoir vu les syndicats. Elle a par ailleurs critiqué le système de la "gouvernance bicéphale, une source d'inefficacité". "Je ne suis pas sûre que l'esprit européen l'ait toujours emporté", a-t-elle ajouté, accusant le gouvernement français d'avoir confondu "son rôle d'actionnaire" avec "le pilotage politique" de l'entreprise. Désormais, elle compte aborder le dossier Airbus lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, mardi à Berlin.

D'après agence

le 03 mars 2007 à 08:45
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