Manifestation des salariés d'Airbus à Toulouse © TF1/LCILes salariés d'Airbus ont fait le plein mardi contre le plan de restructuration Power 8. A Toulouse, où un mouvement de grève d'une demi-journée était organisé, 10.000 à 12.000 salariés d'Airbus et de ses sous-traitants ont ainsi répondu à l'appel des syndicats. Plusieurs élus de droite comme de gauche de la région Midi-Pyrénées ont participé à cette manifestation - dont le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (UMP), et le président de la région, Martin Malvy (PS) - ainsi que deux candidats à l'élection présidentielle, José Bové (altermondialiste) et Olivier Besancenot (LCR). Des cortèges étaient également organisés à Meaulte et Saint-Nazaire.
Lundi, l'un des dirigeants du principal syndicat, Force Ouvrière, a menacé de "bloquer la production des avions" si aucun rééquilibrage des activités entre la France et l'Allemagne n'était décidé. Les salariés des autres établissements, à Méaulte (Somme), Nantes et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), ont été appelés à des actionssimilaires.
Intervention de l'Etat
La crise d'Airbus devenant le conflit social de la présidentielle, le débat sur la place de l'Etat sur ces questions resurgit et les candidats s'affrontent dans une reconstitution d'un clivage droite-gauche. Lundi à Toulouse, les candidats de l'UDF et de l'UMP ont affirmé que l'Etat n'avait pas vocation à monter seul dans le capital d'EADS, une position partagée par le Premier ministre. Le capital est partagé entre actionnaires français et allemands, avec d'un côté l'Etat français (15%) et Lagardère et de l'autre DaimlerChrysler (15%) et un consortium d'investisseurs (7,5%) incluant des régions allemandes (Länder).
De son côté, Ségolène Royal, qui a rencontré la chancelière allemande mardi, définit une ligne fidèle à la tradition interventionniste de la gauche. La candidate a en effet proposé lundi une montée de l'Etat dans le capital d'EADS, mais également des huit régions socialistes concernées par l'aéronautique, une collectivité locale à laquelle elle assigne un rôle prépondérant dans la gestion de l'économie.
Le clivage s'etsompe
Si ses rivaux ont jugé "ridicule" cette suggestion car trop coûteuse, ils ne se dissocient pas d'un réel volontarisme industriel. Ainsi, s'il est élu, Nicolas Sarkozy a promis de faire pour Airbus ce qu'il avait fait "pour sauver Alstom" lorsqu'il était à Bercy. En réalité, en France, l'Etat est toujours de retour en cas de crise industrielle, qui plus est en campagne électorale. Le clivage droite-gauche s'efface un peu derrière la nécessité de venir au chevet de milliers de salariés... et d'électeurs.
Le plan Power8 prévoit notamment la suppression de 10.000 emplois en quatre ans en Europe, dont la moitié parmi les salariés intérimaires et les sous-traitants. Quelque 4300 emplois disparaîtront en France (sur 22.000), 3700 en Allemagne, 1600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne.
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