Les salariés mobilisés, les candidats aussi

le 06 mars 2007 à 07h19 , mis à jour le 06 mars 2007 à 21h58

A Toulouse, les salariés ont protesté mardi contre le plan de restructuration de l'avionneur européen Power8, tandis que Sarkozy, Bayrou et Royal se précipitent à leur chevet.

Manifestation des salariés d'Airbus à ToulouseManifestation des salariés d'Airbus à Toulouse © TF1/LCI

Les salariés d'Airbus ont fait le plein mardi contre le plan de restructuration Power 8. A Toulouse, où un mouvement de grève d'une demi-journée était organisé, 10.000 à 12.000 salariés d'Airbus et de ses sous-traitants ont ainsi répondu à l'appel des syndicats. Plusieurs élus de droite comme de gauche de la région Midi-Pyrénées ont participé à cette manifestation - dont le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (UMP), et le président de la région, Martin Malvy (PS) - ainsi que deux candidats à l'élection présidentielle, José Bové (altermondialiste) et Olivier Besancenot (LCR). Des cortèges étaient également organisés à Meaulte et Saint-Nazaire.

Lundi, l'un des dirigeants du principal syndicat, Force Ouvrière, a menacé de "bloquer la production des avions" si aucun rééquilibrage des activités entre la France et l'Allemagne n'était décidé. Les salariés des autres établissements, à Méaulte (Somme), Nantes et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), ont été appelés à des actionssimilaires.

Intervention de l'Etat

La crise d'Airbus devenant le conflit social de la présidentielle, le débat sur la place de l'Etat sur ces questions resurgit et les candidats s'affrontent dans une reconstitution d'un clivage droite-gauche. Lundi à Toulouse, les candidats de l'UDF et de l'UMP ont affirmé que l'Etat n'avait pas vocation à monter seul dans le capital d'EADS, une position partagée par le Premier ministre. Le capital est partagé entre actionnaires français et allemands, avec d'un côté l'Etat français (15%) et Lagardère et de l'autre DaimlerChrysler (15%) et un consortium d'investisseurs (7,5%) incluant des régions allemandes (Länder).

De son côté, Ségolène Royal, qui a rencontré la chancelière allemande mardi, définit une ligne fidèle à la tradition interventionniste de la gauche. La candidate a en effet proposé lundi une montée de l'Etat dans le capital d'EADS, mais également des huit régions socialistes concernées par l'aéronautique, une collectivité locale à laquelle elle assigne un rôle prépondérant dans la gestion de l'économie.

Le clivage s'etsompe

Si ses rivaux ont jugé "ridicule" cette suggestion car trop coûteuse, ils ne se dissocient pas d'un réel volontarisme industriel. Ainsi, s'il est élu, Nicolas Sarkozy a promis de faire pour Airbus ce qu'il avait fait "pour sauver Alstom" lorsqu'il était à Bercy. En réalité, en France, l'Etat est toujours de retour en cas de crise industrielle, qui plus est en campagne électorale. Le clivage droite-gauche s'efface un peu derrière la nécessité de venir au chevet de milliers de salariés... et d'électeurs.

Le plan Power8 prévoit notamment la suppression de 10.000 emplois en quatre ans en Europe, dont la moitié parmi les salariés intérimaires et les sous-traitants. Quelque 4300 emplois disparaîtront en France (sur 22.000), 3700 en Allemagne, 1600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne.

le 06 mars 2007 à 07:19
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6 Commentaires

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  • Valerie, le 06/03/2007 à 14h39

    Parce que bloquer la production des avions va surement arranger les choses.... C'est bien connu ca marche a tous les coups, n'est-ce messieur les syndicats ? Plutot que de couler un peu plus la compagnie vous feriez mieux de dcuter et essayer de la sauver. Quand tout sera definitivement fermer votre greve elle n'aura servie a rien !

  • Annick, le 06/03/2007 à 14h25

    Je persiste et signe en disant que c'est encore la failitte de notre politique de temps en temps on devrait balayer devant notre porte avant de le faire chez les autres nos industries sont en train de crever et on donne des subventions a gogo a la communauté europeenne et autres pays sauvons airbus bordel de merde

  • Jean, le 06/03/2007 à 14h16

    Et voilà tous ceux qui tapent constemment sur les entreprises du CAC40 et leurs bénéfices aux premières loges à Toulouse . Pour une fois qu'une entreprise du CAC40 ne présentera plus d'énormes bénéfices , ils devraient etre contents non ??? Mailly, Thibault , Bové , Besancenot , Buffet ...ils n'ont vraiment aucune honte ces démagogues !!!

  • Kinebabeth, le 06/03/2007 à 14h03

    VOILA LA SOLUTION « MIRACLE » UNE GREVE !? Les pours parlés ne sont pas encore terminés que déjà les syndicats appellent à la mobilisation !Quel pays ?! Une question qu?elle est le coût financier de cette contestation ? Retard il y a pour la fabrication d?Airbus, pensez-vous vraiment « Messieurs des syndicats » que cette méthode soit la bonne pour redresser une entreprise en difficulté ?Le coût financier de votre grève= argent en moins pour d?éventuelles aides.N?oubliez pas « Messieurs des syndicats » les grèves rendent frileux tout investisseurs potentiels !Laissez un peu de temps aux hommes politiques et différents acteurs de trouver une solution adéquate ! Ah oui j?oubliais : Les syndicats détiennent la vérité absolue !!!!!!!!!

  • Damien, le 06/03/2007 à 12h58

    Boeing a connu les mêmes soucis sauf qu'aux USA, on peut licencier massivement, ce qui a sauvé Boeing !! Si les politiques s'en mèlent alors Airbus est mort avec ses 51000 salariés !!

  • Desiano, le 06/03/2007 à 08h28

    Encore un immense gachis, aprés l'europe c'est airbus que l'on lance contre un mur, par pur egoisme national pauvre france, t foutue et tes enfants avec

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