Le port autonome de Marseille © TF1/LCILe port autonome de Marseille est désormais dans sa 3ème semaine de conflit alors que se tient en ce moment même une nouvelle réunion à la préfecture de la région PACA pour tenter de débloquer les terminaux pétroliers. "La CGT est arrivée ce matin avec des propositions ressemblant beaucoup à celles faites précédemment, elles ont été jugées par GdF peu acceptables ou inacceptables car elles remettent en cause la sécurité" du terminal classé Seveso, a indiqué le préfet jeudi après-midi. Il a précisé que GDF s'était cependant déclaré prêt "à faire d'autres propositions sur un certain nombre de métiers ou de travaux autour du terminal, qui peuvent être éventuellement effectués par des agents du port". Jugeant ces propositions trop vagues, la CGT a demandé qu'elles soient précisées lors d'une interruption de séance, a indiqué le préfet en parlant de "situation d'attente".
La veille, la CGT a durci le ton et fait prendre un tour politique à la crise. Car au-delà des groupes concernés - le port autonome de Marseille et Gaz de France - c'est bel et bien la responsabilité des élus et dirigeants qui a été montrée du doigt. Les grévistes ont rencontré le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, venu participer mercredi au congrès des cadres de l'organisation à Marseille. "On assiste à une dramatisation du conflit, a-t-il déclaré devant 500 militants. Comment expliquer que le conflit reste entier au quinzième jour alors que les revendications sont simples. La responsabilité du conflit n'est pas dans le camp des grévistes, le préfet des Bouches-du-Rhône est membre du conseil d'administration du port et de Gaz de France, il a donc vu les problèmes venir".
La CGPME veut "des mesures énergiques"
Derrière la dureté des propos toutefois, le leader syndical se veut optimiste : il jugeait ainsi jeudi matin "possible" que le conflit "se résorbe rapidement". Pour maintenir la pression, alors même que les discussions ont repris à la préfecture de région, la CGT organise ce jeudi une journée nationale d'action avec, à Marseille, un défilé jusque sous les fenêtres du préfet, auquel les agents du port sont conviés. Côté patronal également, le ton a continué à monter. L'Union maritime et fluviale de Fos (UMF), qui regroupe quelque 300 entreprises de la zone portuaire, a de nouveau demandé au gouvernement de "mettre en route la procédure réglementaire pour confier l'exploitation des installations pétrolières de Fos et de Lavera à des entreprises associant les clients qu'elles desservent". La CGPME a réclamé "des mesures énergiques" car "l'économie française ne doit pas être une nouvelle fois prise en otage".
L'UFIP (Union française des industries pétrolières) affirme que les raffineries commenceront "à s'arrêter les unes après les autres dès vendredi". Total a pour sa part précisé que la production de deux de ses raffineries, à Feyzin et La Mède, avait été réduite d'un tiers. Il s'agit de permettre au groupe de continuer à produire encore "cette semaine", avant de "voir la semaine prochaine si on doit arrêter". Il n'y a pas pour l'instant d'impact sur la distribution aux clients, mais il pourrait y avoir des "conséquences négatives" sur la distribution si la grève devait continuer et entraîner l'arrêt des raffineries. Chez Esso, on estime qu'il est "beaucoup trop tôt pour parler de pénurie" d'essence. En revanche, l'Union des industries chimiques (UIC) s'est alarmée de la situation, appelant les pouvoirs publics à "rétablir, le plus rapidement possible, le fonctionnement normal du port".
D'après agence
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