Trois suicides en 6 mois à la centrale de Chinon

le 03 mars 2007 à 07h50 , mis à jour le 04 mars 2007 à 15h14

Alors qu'un nouvel employé s'est donné la mort il y a quelques jours, la CGT dénonce "une surcharge de travail". EDF se dit "solidaire de la famille".

TF1/LCI : La centrale nucléaire de Chinon, où trois employés se sont suicidés en six moisLa centrale nucléaire de Chinon, où trois employés se sont suicidés en six mois © TF1/LCI

Le dernier en date est survenu mardi dernier. Un suicide qui aurait pu passer inaperçu, s'il n'avait été précédé par plusieurs autres : au cours des six derniers mois, selon la CGT, trois employés de la centrale nucléaire de Chinon, en Indre-et-Loire, se sont donné la mort. Alors que les circonstances d'un précédent suicide, en 2004, doivent être examinées lundi par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours, la CGT évoque, dans un communiqué, la "surcharge de travail" affectant certains employés du site nucléaire.

Le syndicat précise qu'il ne préjuge pas "du lien pouvant exister entre le travail et ces actes désespérés", tout en se disant "très inquiet d'une situation qui montre les signes d'une forte dégradation et qui pourrait aussi avoir un impact sur les conditions nécessaires au maintien du niveau de sûreté nucléaire". La direction d'EDF se déclare pour sa part "solidaire de la famille" de la dernière victime en date et refuse de commenter les précédentes morts de ses employés.

"33% du personnel était en souffrance"

Dans le cas du suicide en 2004 d'un technicien supérieur, Dominique Peutevynck, à 49 ans, la Caisse primaire d'assurance maladie avait déjà considéré qu'il y avait "un lien direct et essentiel avec l'activité professionnelle" de l'employé. Une décision contestée toutefois par EDF, qui a saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours. D'où l'audience prévue lundi...

Selon Michel Lallier, élu CGT du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la centrale, la direction était informée de la "situation grave de danger pour la santé des agents", notamment par la médecine du travail. "33% du personnel était en souffrance" du fait de "l'accélération du processus de réduction des coûts", selon lui.

D'après agence

le 03 mars 2007 à 07:50
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9 Commentaires

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  • Cath, le 15/09/2009 à 12h48

    Dans les gros groupes (du service public) c'est moins la pression du travail (que se réservent d'ailleurs les biens vus (et leurs sous fifres)qui sont toujours surbookés par réunions interventions communications bidons déplacement....et dont le bilan est au final très improductif;) c'est donc moins la pression que la déconsidération le dénigrement la mise à l'écart la moquerie l'indifférence qui peut faire plonger; la il faut absolument prendre du recul en sachant que malgré tout la vie au travail est facteur d'équilibre et que c'est dur d'arriver à la déconsidérer à ce point parce qu'effectivement elle devient pitoyable d'un point de vue humain (le pire...) malheureusement rien ne changera : ce qui brille est souvent ce qui est le moins productif et qui rapporte le plus. cath Marseille

  • Obi Wan, le 04/03/2007 à 18h11

    J?ai eu vent de tels drames dans le secteur dans lequel je travaillais, peut être que d?autres problèmes lié à une fragilité chez certaines personnes entraine cela. J?ai souvent rencontré des collègues qui ne voyaient que par où pour leur boite, et cela quelque soit le revenu et le statut dans l?entreprise. Allant même jusqu?à éviter, où ne plus regarder celui qui se retrouve en disgrâce auprès de la hiérarchie (quelque soit les raisons). Conséquence dans un système économique et social où vous n?existez qu?au travers de se que vous valez et savez faire, je vous laisse imaginer.

  • Lea, le 03/03/2007 à 17h46

    Et oui voilà ce qui se passe tant que ceux qui sont en haut de la pyramide sociale sacrifient l'homme sur l'autel des profits en tout genre.

  • Dagobert, le 03/03/2007 à 12h16

    Sans connaître dans le détail les circonstances de ce tragique évènement , on donc peut s'interroger avec la société sur la gestion du stress ou avec les syndicats sur les surcharges de travail , mais aussi , avec les sociologues , sur les conséquences d'une société où l'assistance et la surprotection érigés en droits ont fait baisser les capacités d'endurance des individus .

  • Michel, le 03/03/2007 à 11h57

    Des suicides chez Renault ,des suicides chez EDF!...A qui le tour?Voilà le résultat de la politique de ces 26 dernières années, avec la mondialisation et le phénomène "rentabilité à outrance" pour satisfaire les actionnaires des grosses entreprises toujours plus exigeants.Les 35h n'ont rien arrangé,n'en déplaise à Mme AUBRI,car les patrons des grosses entreprises ont vu là un moyen de gagner encore plus en rentabilité en faisant faire en 35h00 le travail qui était réalisé en 39h50!ajoutons à cela les nombreuses restructurations(toujours pour plus de rentabilité)qui entrainent de nombreuses supressions de postes.on réparti le travail fait par la personne dont le poste est supprimé sur deux ou trois personnes et si cela fonctionne on recommence l'opération jusqu'à ce que les gens craquent! Le pire c'est que l'on fait croire aux personnes qui n'arrivent pas à faire face que c'est de leur faute parce qu'ils sont mal organisés.Tous les ingrédients sont alors réunis pour que les plus fragiles attentes alors à leurs jours! Alors pourquoi me direz vous les gens ne se mobilisent-ils pas contre cela,tout simplement parce-qu'ils ont peur pour leur emploi,menaces de délocalisation qui planent aujourd'hui sur toute les industries.

  • Le sagard, le 03/03/2007 à 11h28

    Un suicide est toujours une mort terrible pour ceux qui reste car elle les laisse sans reponse,mais que la cgt en profite pour crier sur edf en evoquant une surcharge de travail,cela devient ridicule.Avec de tels procédés je n'ose imaginer le nombre de suicide dans le batiment ou la restauration ou les conditions de travail et de salaire sont a des années lumiere d'EDF.

  • Vialle, le 03/03/2007 à 10h06

    Et encore :( quand est ce que les entreprises comprendront qu'une vie saine passe aussi par l'entreprise et qu'elle doit etre basé sur une "relation de couple" et non pas sur le stress et la rentabilité. Alors messieurs du profit ne retenez qu'une chose: ne pas perdre sa vie à la gagner

  • JINSHAN, le 03/03/2007 à 09h48

    Chinon n'est pas le seul site nucléaire touché. Paluel (4 x 1300) a aussi un nombre important de suicides dont un très récent.La réduction des coûts n'est pas la seule cause... il faut y rajouter une réduction drastique des temps d'intervention en arrêts de tranche, un management pression, un manque de lisibilité de l'avenir professionnel, une sous traitance croissante des activités, des salaires bloqués, des avancements réduits (2.5% au lieu de 5% tous les 4 ans) des avantages logement ou déplacements réduits à peau de chagrin un peu plus chaque année, des contraintes horaires au delà des 11 heures légales, une ambiance morose permanente, une coupure terrain-direction patente etc..... et il n'y pas que Chinon et Paluel... La communication EDF mérite d'être creusée par les journalistes.. les vrais ! avant l'incident grave qui plombera définitivement notre pays.

  • Baghy, le 03/03/2007 à 09h15

    Il n'y a pas que chez EDF, ou chez Peugeot que ça existe, je vous le dis... je suis moi même en grande souffrance psychique, pas question de s'arrêter (perte de revenus trop conséquente), pas de syndicats, et je suis dans une TPME..Marche ou crève. Et à mon avis, on est bcp bcp dans ce cas.

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