Disneyland Paris fête ses 15 ans, le 31 mars 2007 © LCI Disneyland Paris fête ses quinze ans. Pourtant, l'ambiance n'est pas au beau fixe du côté de Marne-la-Vallée. En cause : un document envoyé le 14 mars dernier par la direction, relatif aux nouvelles règles de conduite professionnelle que sont censés respecter les 12.000 salariés.
Les syndicats pointent du doigt la volonté de la direction d'instaurer la délation entre collègues. "Il incombe à chacun de signaler telle ou telle pratique illicite ou contraire à l'éthique pouvant survenir dans la société", est-il écrit en page 20 de ce code de bonne conduite. Les salariés sont invités à contacter le directeur juridique, le directeur de l'audit ou celui des ressources humaines, qui s'engagent à conserver leur anonymat.
"Surveiller les biens de l'entreprise"
Ce n'est pas la première fois que la direction d'Euro Disney tente de modifier les procédures internes. Le mois dernier, elle a demandé l'implantation d'une quinzaine de caméras de surveillance au sein du principal bâtiment de bureaux. Proposition rejetée par le comité d'entreprise. Autre exemple de la volonté d'Euro Disney de mettre au pas les employés, plusieurs dizaines d'agents de sécurité surnommés "les Fox" surveillent depuis plusieurs années leurs faits et gestes, sous le prétexte de "veiller sur les biens de l'entreprise".
Pour les syndicats, ces initiatives s'expliquent par la volonté de la maison mère, basée aux Etats-Unis, de protéger son image afin d'empêcher toute sortie d'information. "La direction de Disney France veut se mettre en conformité avec la loi Sarban Oxley en vigueur là-bas, très contraignante sur les règles de sécurité et de conduite. Du coup, les salariés subissent de plus en plus de contraintes", explique David Roulon (CFTC) à LCI.fr.
"Violation du droit d'expression"
Même son de cloche du côté de la CFDT. "Aujourd'hui, ils tentent de cadrer l'esprit d'une manière scandaleuse et, à mon sens, à la limite de la violation du droit d'expression", explique David Charpentier dans les colonnes du Parisien. De son côté, la direction rappelle que le texte a été élaboré en conformité avec le Code du travail et les recommandations de la Commission nationale de l'informatique et des libertés.
Dans les jours qui viennent, le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail et le Comité d'entreprise, où siègent les syndicats, vont se prononcer sur ce texte controversé. Pour David Roulon, le résultat du vote ne fait aucun doute : "Vu les réactions qu'a suscité le texte lors de sa présentation, il y a de fortes chances que le vote soit négatif. Après, la direction peut toujours décider d'imposer ce texte..."
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