Six semaines de grève pour rien, ou presque

le 11 avril 2007 à 06h41 , mis à jour le 11 avril 2007 à 07h12

Les grévistes de PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois ont voté mardi la fin de leur grève entamée le 28 février.

TF1/LCI : Grévistes sur le site de PSA AulnayGrévistes sur le site de PSA Aulnay © TF1/LCI

A l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, la grève durait depuis le 28 février. Elle avait reçu depuis le début le soutien de plusieurs candidats de gauche à l'élection présidentielle : Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO), l'altermondialiste José Bové et Ségolène Royal (PS). Elle s'est pourtant achevée mardi, au bout de six semaines de bras de fer avec la direction, sans que les revendications des grévistes aient été satisfaites. "Quand il y a conflit, il n'y a jamais de gagnants. L'important, aujourd'hui, c'est que tous les salariés d'Aulnay travaillent rapidement dans la cohésion, et que les problèmes de conditions de vie et de travail, qui ont émergé à l'occasion de ce conflit, soient rapidement réglés", a réagi dans un communiqué Jean-Luc Vergne, directeur des Ressources humaines du groupe PSA.

Mardi après-midi, les 200 ouvriers de PSA Aulnay présents à l'assemblée générale, sur 400 grévistes, ont "à l'unanimité" décidé de "demander aux organisations syndicales qui soutenaient la grève de signer le protocole de fin de conflit", selon la CGT. Le texte d'accord a été avalisé par la CGT et la CFDT, et le syndicat Sud n'en a signé qu'une partie, selon la CGT. Ce compromis n'accorde aucune augmentation salariale aux ouvriers en grève, qui revendiquaient notamment 300 euros de hausse de salaire et un salaire minimum d'embauche de 1525 euros nets. La direction a toujours affirmé qu'elle ne renégocierait pas les salaires après l'accord salarial annuel signé le 28 février à Paris et qui prévoyait une hausse générale de 1,6%.

"Ce n'est que partie remise"

Le protocole prévoit seulement une baisse de 50% du coût des transports privés par cars acheminant sur le site les salariés, et l'amélioration et la réduction à deux euros du prix du plat servi à la cantine de l'usine. Il entérine le versement d'une prime exceptionnelle "de cohésion sociale", selon la direction, de "fin de grève" selon la CGT, de 125 euros pour tous les salariés, grévistes ou non. Le texte d'accord fixe également le paiement de deux jours de grève, correspondant au temps de négociation passé, et le maintien des droits à congés payés pour trois autres jours. Le protocole prévoit également de limiter le nombre de samedi travaillés à onze jours dans l'année.

"La direction n'a rien cédé sur nos revendications principales, mais ce n'est que partie remise", a commenté Philippe Julien, délégué CGT du site et figure de la grève, estimant que les grévistes ont "gagné une première manche en menant six semaines de grève dans des conditions particulièrement difficiles". Il a dénoncé "le cynisme" régnant chez PSA "où il faut faire six semaines de grève pour obtenir la satisfaction de revendications basiques et permanentes des délégués du personnel", alors que "cette entreprise qui se porte bien surexploite ses ouvriers et les fait travailler dans des conditions déplorables".

Les grévistes ont décidé de maintenir le concert de soutien prévu samedi dans un gymnase de Bobigny. Les bénéfices du concert, où sont attendus entre autres Idir et Papa Wemba, iront nourrir le fonds de soutien aux grévistes qui a dépassé 120.000 euros, dont une grosse partie a déjà été distribuée.

D'après agence

le 11 avril 2007 à 06:41
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