1er mai : la mobilisation a plus que doublé par rapport à 2006

le 01 mai 2007 à 10h57 , mis à jour le 01 mai 2007 à 21h14

A l'approche d'un 2nd tour placé au coeur des défilés, 117.000 personnes ont manifesté mardi partout en France, selon la police, contre 50.000 en 2006.

Le défilé du 1er mai 2007 à MetzLe défilé du 1er mai 2007 à Metz © TF1/LCI

Pas de marée humaine contre l'extrême-droite cette année, mais une marée humaine bien plus importante que l'an dernier, malgré le manque d'unité syndicale. Car, c'est en ordre dipersé que les organisations syndicales abordent les élections et qu'elles ont donc défilé mardi pour la Fête de Travail. Malgré ce manque d'union, la mobilisation fut un succès, avec des défilés marqués par la volonté de prendre date pour les échéances sociales de l'après-élection et parfois par des slogans anti-Sarkozy.

Les quelque 250 manifestations organisées sur l'ensemble du pays ont rassemblé environ 117.000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur. En 2006, selon les chiffrages effectués par la police, environ 50.000 personnes avaient participé aux défilés célébrant la fête du travail et en 2005, le ministère de l'Intérieur avait comptabilisé 70.000 manifestants. Selon la CGT, ce 1er mai a fait sortir plus de 200.000 personnes dans les rues partout en France, dont 60.000 à Paris, contre la moitié en 2005 et 2006.

Dans le détail

Paris, le principal cortège, celui de la CGT, a rassemblé dans l'après-midi 25.000 manifestants selon la police, 60.000 selon la CGT, entre République et Nation aux côtés de la FSU, de l'UNSA , et de l'UNEF. L'an dernier, la préfecture avait annoncé 15.000 manifestants, et 9000 en 2005. On a manifesté pour l'emploi mais aussi "contre Sarko". Beaucoup de participants arboraient un autocollant "stop Sarko". 1.700 à 4.800 manifestants de la CFTC se sont retrouvés de leur côté, place de la République pour demander : "respectez tous nos temps de vie", tandis que plusieurs centaines (500 selon la police) ont assisté à un cortège de FO place d'Italie afin de "faire pression sur le futur gouvernement", et 2.000, selon la police, à un rassemblement anarcho-syndicaliste de la CNT.

Rennes avait ouvert le bal de ce 1er mai avec entre 2000 et 5000 manifestants. A Metz, ce sont quelque 700 personnes selon la police, 1000 à 1200 selon les organisateurs, dont François Chérèque, qui ont défilé derrière une banderole commune "1er mai emploi salaire conditions de travail". Les chiffres sont plus hétéroclites à Marseille : 3300 manifestants selon la police, mais 20.000 selon les organisateurs. A Bordeaux, 2500 à 3000 personnes ont répondu à l'appel des syndicats -excepté FO, qui organisait sa propre réunion- et de partis politiques de gauche.

A Nantes, la traditionnelle manifestation du 1er mai a rassemblé entre 1800 et 3000 personnes, CGT en tête, dans un cortège calme où figuraient notamment des salariés d'Airbus. De 3500 à 5000 personnes au défilé du 1er mai à Toulouse. La CGT était largement représentée, notamment par des salariés d'Airbus touchés par le plan drastique de restructuration Power8 qui prévoit notamment 2300 suppressions d'emplois sur les sites toulousains de l'avionneur. A Lille, environ 1000 personnes selon la police, 1400 personnes (selon les organisateurs) ont défilé, avec Jean-Claude Mailly, derrière une banderole proclamant "Ensemble le 1er mai : Agir, lutter, revendiquer". 2000 à 2500 personnes ont défilé à Caen. Enfin, 3100 personnes se sont retrouvées à Lyon et 3000 à Grenoble (selon la police).

La présidentielle derrière les défilés du 1er mai

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a souligné mardi l'importance des manifestations du 1er mai qui doivent permettre de donner "plus de poids" aux syndicats, avant l'installation des nouveaux pouvoirs publics, "pour les premières rencontres que nous aurons avec les nouvelles équipes gouvernementales" (sur I-Télé). Une "mobilisation importante" pourrait également permettre "d'interférer un peu sur le débat entre les deux candidats" mercredi, selon lui.

Interrogé sur le fait de savoir si l'élection de Nicolas Sarkozy représenterait un "danger", Bernard Thibault a répondu : "pour des libertés syndicales, oui". Le responsable cégétiste est revenu à sa manière sur la mise en cause de l'héritage de Mai 68 par le candidat UMP. "Avant 68, les syndicats n'avaient pas le droit de cité dans les entreprises", a-t-il rappelé, ajoutant que les mobilisations de 1968 avaient "permis de faire reconnaître la représentation syndicale dans les entreprises". Il s'est inquiété qu'un candidat prétende ainsi "revenir sur le fait syndical et le droit de grève".

Sur LCI, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a dit voir dans les initiatives cégétistes une "démarche partisane" et n'a pas lancé d'appel national à manifester, tout comme FO et la CFTC. Ce qui n'empêchera pas ces syndicats, localement, de s'associer parfois aux défilés unitaires ou d'organiser leurs propres rassemblements. Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, a pour sa part renvoyé dos à dos MM. Thibault et Chérèque, à qui il reproche, pour le numéro un de la CGT, "une consigne de vote" implicite en faveur de Ségolène Royal, et au leader CFDT, de "pencher pour Nicolas Sarkozy".

le 01 mai 2007 à 10:57
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1 Commentaires

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  • Olivier, le 01/05/2007 à 11h22

    La CGT et SUD, entre autres, ont clairement pris parti pour la candidate socialiste. Que ces deux syndicats, qui comptent parmi les forces les plus réactionnaires du pays, soient du côté de S. Royal en dit long sur les soi-disant changements qu'elle nous promet. Je pense que les usagers des transports en commun sauront s'en souvenir dimanche...

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