Image d'archives © TF1/LCIAlisson est une jeune femme de 24 ans qui prépare une maîtrise d'histoire sur les Arts américains. Son temps, elle le partage entre les bancs de l'amphi, ceux de la bibliothèque où elle effectue ses recherches et le musée du quai Branly où elle travaille. Pas comme guide mais comme agent de réservation. Cécile, elle, a 20 ans. Etudiante en première année d'AES (Administration économique et sociale) à l'université de Versailles-Saint-Quentin, elle alterne la fac, la boulangerie où elle travaille, et les séances de baby-sitting. Comme 800.000 autres étudiants, Alisson et Cécile cumulent les petits boulots pour pouvoir financer leurs études. Des "petits boulots" qui les occupent 20 heures par semaine, en moyenne.
C'est pour Alisson, Cécile et les autres étudiants salariés que Xavier Bertrand, le ministre du Travail compte rapidement plancher sur la défiscalisation du travail étudiant, "le sujet de l'été". Nicolas Sarkozy en avait fait la promesse lors de sa campagne. "C'est bien sauf que l'immense majorité des étudiants ne payent pas d'impôts", a réagi l'Unef. "La situation sociale dégradée des étudiants nécessite en effet des mesures d'urgence, si la défiscalisation du travail étudiant participe d'un bon objectif, elle est loin d'être la priorité", déclare le syndicat étudiant pour qui cette mesure aidera davantage les familles aisées. Difficile effectivement de trouver un étudiant imposable, "les étudiants concernés seraient très minoritaires", confirme l'Observatoire de la vie étudiante précisant que pour être imposable en travaillant à mi-temps, il faut toucher un revenu conséquent. Cécile, toujours rattachée au foyer fiscal a dû payer une fois des impôts : 200 euros qu'elle rembourse 10 euros par mois à ses parents. "Généralement, je m'arrange pour ne pas être imposable", raconte la jeune fille.
Une revalorisation des aides avant toute chose
En revanche, une autre suggestion du ministre enthousiasme davantage les syndicats étudiants : celle d'exclure les revenus des jobs étudiants du calcul des aides. Xavier Bertrand de constater dimanche sur Canal + que les étudiants ayant un boulot craignent qu'il ne leur "fasse tomber l'allocation logement ou les aides". Nombreux sont ceux qui ne travaillent pas plus de 20 heures par semaine pour pouvoir conserver leur bourse sachant que ces aides dépendent de nombreux critères. "Cette mesure permettra à des dizaines de milliers d'étudiants boursiers qui travaillent de ne plus voir baisser le montant de leurs bourses", a reconnu Michaël Zemmour, chargé des affaires sociales à l'Unef.
Pour les deux principaux syndicats, l'urgence reste une revalorisation des aides. "Une réforme profonde reste indispensable", martèle la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). "Aujourd'hui, le salariat étudiant est une nécessité là pour pallier les défaillances en matière d'aides, explique son président Thiebaud Weber à LCI.fr. Chaque année, la revalorisation des bourses est inférieure à l'inflation." En 2006, 521.313 étudiants bénéficiaient d'une bourse." L'Unef, qui demande que "les moyens dont dispose le gouvernement" soient "consacrés prioritairement à l'augmentation du nombre et du montant des bourses", rappelle qu'un étudiant qui travaille plus de 17 heures par semaine a 40% de chance de redoubler son année. Alisson travaille 20 heures par semaine, parfois plus quand elle fait des extras comme hôtesse au quai Branly. Elle constate, laconique : "C'est sûr que ce temps à bosser, on ne le passe pas à étudier mais on se débrouille..."
Retour MYTF1
Chargement en cours...





