Hirsch désapprouve les franchises sur les soins

le 21 mai 2007 à 10h56 , mis à jour le 21 mai 2007 à 20h55

La mesure a été annoncée durant la campagne présidentielle par Nicolas Sarkozy. "Est-ce que je l'approuverai ? La réponse est non", avertit Martin Hirsch.

TF1/LCI médicaments santéDivers médicaments © Médiathèque de la Commission européenne

Il avait déjà laissé entendre que sa participation au gouvernement n'impliquait pas nécessairement une totale adhésion à tous les choix politiques de l'équipe Fillon. Ce lundi, Martin Hirsch a montré sa liberté de parole. Le tout nouveau Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, et ex-président d'Emmaüs-France, a jugé que l'instauration de franchises sur les soins pour financer la Sécurité sociale n'était "pas une bonne mesure".

La proposition avait été faite durant la campagne présidentielle par Nicolas Sarkozy.  Le chef de l'Etat avait proposé un système de quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur "les premiers euros annuels" dépensés en examens biologiques, en médicaments, visites médicales et hospitalisation. En 2004 déjà, l'instauration d'un forfait d'un euro par consultation non remboursé par les complémentaires santé, et un an plus tard, la mise en place d'un forfait de 18 euros pour les actes médicaux d'un montant supérieur à 91 euros dispensés dans les hôpitaux et cliniques privées, avaient suscité l'ire des partenaires sociaux et des associations d'usagers. 

"Ni dupe ni naïf"

Ce lundi sur France Inter, Martin Hirsch a clairement montré son opposition à la proposition de Nicolas Sarkozy : "Est-ce que j'approuverai cette mesure? La réponse est non", a-t-il averti. "J'ai dit il y a 15 jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure. Je peux être convaincu mais je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire".

La semaine dernière déjà, dans un entretien publié par Le Monde, Martin Hirsch avait tenu à s'expliquer sur les conditions de sa participation au gouvernement. Se disant "ni dupe ni naïf", il assurait : "J'ai conscience que, sur un certain nombre de sujets, l'équipe de M. Fillon va agir dans un sens qui ne correspondra pas forcément à mes orientations". Tout en soulignant : "l'intitulé de ma fonction n'est pas anecdotique : je suis plus dans la position d'un haut fonctionnaire ou d'une autorité administrative que d'un responsable politique. J'appartiens certes au gouvernement et suis directement rattaché au Premier ministre mais sans avoir le titre de ministre ou de secrétaire d'Etat". 

Une "solution d'équilibre" dont il espérait qu'elle lui permettrait d'être "moins impliqué que les autres membres du gouvernement dans les choix politiques" faits par d'autres ministres. Ce lundi encore, interrogé sur le fait que l'on puisse "lui reprocher sa liberté de parole", l'ex-président d'Emmaüs-France a répondu : "Peut-être, mais comment voulez-vous faire autrement ?".

D'après agences

Bertrand : "un gouvernement n'est pas un régiment"

"Un gouvernement, ce n'est pas un régiment. Ce que l'on demande aux membres  du gouvernement, ce n'est pas de renier leurs idées, leur convictions, ni même  leurs amitiés, mais d'apporter ce qu'ils ont et ce qu'ils sont", a déclaré Xavier Bertrand sur I-télé. "Sur la franchise sur les soins. On ne lui demande pas de  changer de position aussitôt du jour au lendemain parce qu'il rentre au gouvernement. Par  contre, il y aura un travail de pédagogie, qui sera à faire pour tout le monde  sur cette question des franchises", a commenté le ministre du Travail.

le 21 mai 2007 à 10:56
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

40 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Sylvie, le 21/05/2007 à 18h33

    Il faut que tout le monde paie la franchise pas que les travailleurs, si l'on veut garder notre système de sécurité sociale

  • Françoise, le 21/05/2007 à 18h32

    Pourquoi pas une franchise, les assurances en ont bien une.Cela éviterait peut-etre de faire du gaspillage...et pourquoi pas en faire une également dans les remboursements des arrêts maladie, cela éviterait également les arrêts qui sont tout simplement des congés et payés par toute la collectivité ...

  • Pierre torres, le 21/05/2007 à 18h19

    Suivant l'ideologie socialiste il est contre cette mesure , mais il proposerait quoi a la place ???

  • Md, le 21/05/2007 à 17h55

    Pour ma part j'avais lu que pour les revenus plus que réduits, il n'y aurait pas de franchises...sur ce pourquoi pas...il faut aussi participer pour réduire le trou..mais les français sont habitués à vivre au-dessus de leurs moyens...

  • Margaux, le 21/05/2007 à 17h55

    Mais oui, M. Hollande, ricanez, ricanez, vous ne savez faire que cela ! Bien sûr, entre des personnes d'opinions divergentes, il est normal et prévisible qu'il n'y aura pas toujours accord sur tout. Mais l'intelligence de ces personnes doit permettre de surmonter ces différends et d'élargir l'ouverture d'esprit de chacun.

  • Astrid, le 21/05/2007 à 17h48

    Je ne le voit vraiment à sa place, il a vraiment rien à dire sur les opinion de notre président ok

  • Gomez, le 21/05/2007 à 16h39

    Si ce Ministre n'est pas en Accord avec les projets du gouvernement , pourquoi a - t il accepter la place ? de plus , aprés une semaine comme Ministre , on attend avant de faire des déclarations devant la presse ! Démission urgent , c 'est un perturbateur !

  • Nicolaïe, le 21/05/2007 à 16h32

    Je ne pense pas que parce-que M.Hirsch n'est pas un beni-oui-oui il faille tout de suite crier au désaccord;Je pense que notre président préfere une franchise constructive pour pouvoir avancer dans les objectifs envisagés. Jacques

  • Vastre, le 21/05/2007 à 16h13

    Monsieur Hirsch fait bien de dire son opinion avec sincérité et je comprends qu'une partie de l'opinion l'approuve. Cependant il faut avouer que s'il n'y avait pas de franchise sur les contrats d'assurance auto, on verrait beaucoup de rayures de carrosserie disparaître, à commencer par celles de ma voiture. Ceux qui sont soignés aux frais exclusifs de la collectivité, éventuellement sans cotiser, doivent apprendre que la médecine a un coût.

  • Simon, le 21/05/2007 à 16h09

    Hirsch devait se douter que de telles mesures seraient prises . Sa présence au gouvernement le rend complice . Qu'il ne joue pas l'étonné ou le libre-penseur :c'est trop simple et ça ne convainc personne .Par ailleurs comment peut-on augmenter les médecins alors qu'on tape en parallèle sur les assurés sociaux !!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience