Un salarié ne peut être sanctionné pour le contenu d'un courrier privé

le 21 mai 2007 à 15h33 , mis à jour le 21 mai 2007 à 16h12

En recevant une revue échangiste sur son lieu de travail, un chauffeur de direction avait provoqué un tollé parmi ses collègues.

TF1-LCI © TF1-LCI

Le courrier était arrivé sous pli. Sur l'enveloppe : le nom du destinataire, sa fonction et l'adresse de l'entreprise. Rien ne laissait donc présager qu'il s'agissait d'une revue échangiste. Mais le service du courrier avait ouvert le paquet, puis l'avait déposé au standard à l'intention du salarié. En voyant ce type de magazine sur un lieu de passage, de nombreux collègues s'étaient offusqués, ce qui a conduit l'employeur à sanctionner Guy A., son chauffeur, par une rétrogradation avec réduction de salaire.

Le salarié a porté l'affaire devant les tribunaux, contestant la légitimité de la sanction. Il estimait d'abord que son courrier n'avait pas à être ouvert. Mais la Cour de cassation a considéré que le pli litigieux était arrivé sous une simple enveloppe commerciale démunie de toute mention relative à son caractère personnel. Son ouverture était donc licite.

Respect de la vie privée

En revanche, la haute juridiction a réfuté l'analyse de la cour d'appel qui avait débouté le salarié en soulignant que Guy A. ne pouvait être tenu pour responsable du trouble suscité dans l'entreprise. "Un trouble objectif dans le fonctionnement de l'entreprise ne permet pas en lui-même de prononcer une sanction disciplinaire à l'encontre de celui par lequel il est survenu", a considéré la Cour dans un arrêt rendu vendredi. Par ailleurs, "la réception par le salarié d'une revue qu'il s'est fait adresser sur le lieu de son travail ne constitue pas un manquement aux obligations résultant de son contrat". Enfin, "l'employeur ne pouvait, sans méconnaître le respect dû à la vie privée du salarié, se fonder sur le contenu d'une correspondance privée pour sanctionner son destinataire".

(Avec agence)

le 21 mai 2007 à 15:33
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7 Commentaires

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  • Michel, le 21/05/2007 à 18h18

    --Il y a un divorce à l'horizon.

  • Albert, le 21/05/2007 à 18h06

    En lisant cette decision, j ái le sentiment de ne plus pouvoir juger "instinctivement" bon contre faux. Pour moi c'est totallement inpensable de utiliser l'adresse de mon travail pour recevoir n'importe quel courrier privé. Mon travail et mon patron demande qu'une chose de moi; faire mon travail et etre concentré. Suis-je anormal ou estceque la majorité des cybernautes partagent mes sentiments. (sur ce cas precis: pour moi le juge fait erreur).

  • Robert, le 21/05/2007 à 17h50

    Pourquoi ne pas recevoir cette revue chez lui . Il avait l'intention d'échanger quoi ? La femme d'un collègue ?

  • Lili01, le 21/05/2007 à 17h32

    Pour la discrétion, c'est raté... Beaucoup de monde au courant.. Peut être sa femme aussi, oh zut.. Ben oui, car , sinon il aurait pris son adresse perso....

  • Jen, le 21/05/2007 à 17h18

    Réponse à Yvon : C est surement pour que sa femme ne tombe pas dessus!!

  • Nicole, le 21/05/2007 à 17h13

    Je trouve tout à fait légitime la réaction de l'employeur de ce Monsieur qui n'a pas à recevoir de correspondance privée sur son lieu de travail surtout ce genre de choses ... S'il voulait de la discrètion il pouvait se faire envoyer sa revue en poste restante. Perso. j'imagine que si je recevais du courrier chez mon employeur même du courrier plus innocent il m'en ferai reproche et pourtant il est pourtant le plus charmant des patrons...

  • Yvon, le 21/05/2007 à 16h16

    Cela écrit, il faut être fou pour se faire envoyer ce genre de revues sur son lieu de travail.

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