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| Bachelot : "la franchise est un outil indispensable" |
Le dérapage du déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 2 milliards d'euros. C'est ce qu'a indiqué dimanche soir sur Europe 1, Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé. Elle a admis que le comité d'alerte sur les dépenses d'assurance maladie allait "probablement" conseiller, en milieu de semaine, au gouvernement et à l'assurance maladie de plancher sur des mesures de redressement des comptes de la branche maladie de la Sécurité sociale, dont la dégradation se poursuit.
"Cela ne vient pas de l'hôpital mais de la médecine de ville (médecine libérale, ndlr) à laquelle on a fixé, en 2007, un objectif de dépenses (+1,1%, ndlr) ambitieux mais pas irréalisable", a relevé Roselyne Bachelot. Or, après une légère accalmie en mars, les remboursements de soins de ville (médecine libérale notamment) ont augmenté de 5,5% en avril.
Quatre franchises
Au rang des remèdes, gouvernement et assurance maladie pourraient privilégier dans un premier temps la voie réglementaire pour redresser les comptes en diminuant, par exemple, le taux de remboursement des patients qui choisissent de se soigner sans recourir à leur médecin traitant, ou en modifiant les tarifs de spécialités médicales telles que la radiologie.
L'instauration de franchises médicales, proposée par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, serait inscrite dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008 et présenté en septembre par le gouvernement. Il s'agit d'un système de quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur "les premiers euros annuels" dépensés en examens biologiques, en médicaments, visites médicales et hospitalisation. (voir le détail de cette mesure)
L'instauration de franchises risquerait de "retarder l'accès aux soins des plus démunis", a estimé lundi le président du premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, Michel Chassang. Le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, avait jugé que l'instauration de franchises n'était "pas une bonne mesure", avant de se dire "rassuré" par l'assurance que les "personnes en difficulté" seraient prises en compte. "Nous allons travailler ensemble (avec M. Hirsch) pour mettre en place des garde-fous, pour prendre toutes les précautions qui s'imposent", a assuré Roselyne Bachelot.
61% de Français contre la franchise |
Selon un sondage CSA Le Parisien/Aujourd'hui en France, 61% des Français estiment qu'instaurer une franchise sur "les premiers euros dépensés chaque année par le patient" afin de réduire le déficit de l'assurance maladie et de responsabiliser les assurés est "plutôt une mauvaise chose". Parmi les plus insatisfaits: les employés (65%), les ouvriers (69%), les chômeurs et les professions intermédiaires (72%). Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 mai auprès d'un échantillon représentatif de 952 personnes constitué selon la méthode des quotas. |
(D'après agence)
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