Suicide de Renault : un accident du travail

le 04 mai 2007 à 08h11 , mis à jour le 04 mai 2007 à 12h05

Le premier de la série de trois suicides de salariés de Renault vient d'être reconnu comme un accident du travail.

Technocentre Renault à GuyancourtTechnocentre Renault à Guyancourt © Jean Descombels

Le 20 octobre 2006, Antonio B., ingénieur en informatique de 39 ans et père d'un garçon de 11 ans, se jetait du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre de Renault. Jeudi, ce geste désespéré a été reconnu comme "accident du travail" par la Caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine. "Cette reconnaissance d'un lien avec le travail est une étape symbolique importante, sans compter les indemnisations auxquelles cela donne droit", a déclaré l'avocate de la famille, Rachel Saada. "Nous allons maintenant tenter de faire reconnaître la faute inexcusable de Renault, qui avait une obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié", a-t-elle ajouté.

De son côté, Renault "prend acte" de cette décision de la CPAM, a indiqué une porte-parole du constructeur automobile. Le deuxième cas de suicide, celui d'un technicien qui s'est noyé le 22 janvier aux abords du Technocentre, n'a pas été reconnu comme un accident du travail, a indiqué Renault.

Selon une source proche du dossier, cette décision résulte du fait que le corps avait été retrouvé aux limites du site et l'heure du décès n'étant pas précise, il pouvait se situer en dehors des horaires de travail. En ce qui concerne Antonio B., "depuis la rentrée il avait atteint un seuil critique: il s'inquiétait pour son avenir, pour ses missions, était surmené et mis en cause régulièrement par un membre de sa hiérarchie", explique Me Saada.

Tensions très fortes

La CPAM avait rejeté le 17 janvier dans une première décision le classement du suicide en accident du travail, après une enquête jugée "bâclée" par l'avocate. La Caisse nationale d'assurance maladie a demandé à la CPAM de ré-examiner ce cas, ce qui a donné lieu à cette nouvelle décision.

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a évoqué mercredi "des tensions objectivement très fortes" pour les ingénieurs du groupe, lors de l'assemblée générale du groupe. Il faut "identifier les situations dans lesquelles nos collaborateurs sont seuls en face des difficultés", a-t-il estimé, rappelant la mise en place d'un plan de soutien aux personnels de Guyancourt après le dernier suicide, survenu le 16 février.

le 04 mai 2007 à 08:11
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