Nicolas Sarkozy et François Chérèque (CFDT), le 14 mai 2007 © LCIAvant d'être officiellement investi président de la République, Nicolas Sarkozy rencontre déjà les leaders syndicaux. François Chérèque, le chef de file de la CFDT, a ouvert le bal à 8h30. "Aucun sujet n'a été abordé sur le fond, nous étions uniquement sur la méthode de travail" et Nicolas Sarkozy "nous a affirmé qu'il ne voulait pas mettre les organisations syndicales en difficultés", a indiqué à sa sortie le leader syndical en soulignant qu'une telle rencontre avec un président élu constituait "une première". Sur la poursuite des échanges initiés ce lundi, François Chérèque a précisé : "Nicolas Sarkozy va nous recevoir officiellement dans les dix jours suivant sa prise de fonction à l'Elysée. Nous, syndicats, serons tous la semaine prochaine à Séville pour le congrès de la Confédération européenne des syndicats jusqu'au jeudi 24 mai. Les rencontres pourraient donc avoir lieu le vendredi (25) ou le lundi (28 mai)".
Deuxième représentant syndical reçu par Nicolas Sarkozy, Bernard Van Craeynest, représentant de la CFE-CGC, a suivi François Chérèque à 10 heures. Il a qualifié la rencontre de "franche, directe, cordiale". Reçue une heure plus tard, Laurence Parisot, présidente du Medef, a déclaré, en sortant de l'entretien, que Nicolas Sarkozy voulait s'attaquer "aux facteurs bloquants de notre société", mais qu'il était aussi "sensible à l'avis des partenaires sociaux". Reçu à partir de 12h30, Bernard Thibault (CGT) a commenté : "Il a présenté un calendrier et affirmé sa volonté de dialoguer avec les syndicats avant que les décisions ne soient prises. Dont acte. Nous verrons s'il est à l'écoute des uns et des autres".
Au menu : retraites, service minimum dans les transports...
Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a été reçu à son tour à 15h30. Il a noté la volonté d'"un vrai dialogue" avec les partenaires sociaux de la part du président Sarkozy. "Toutes les mesures dont nous avons parlé et qui sont à prendre d'urgence, le seront dans le respect du dialogue social", a-t-il estimé. Enfin, a 16h, c'était au tour de Pierre Martin, dirigeant de l'UPA (artisans) de clore cette journée : "Nous avons évoqué les problèmes qui concernent le secteur de l'artisanat", en particulier le coût du travail et "l'assouplissement des conditions de travail dans les entreprises artisanales", a-t-il déclaré a l'issue de la rencontre.
Cette série d'entretiens se poursuivra mardi avec le leader de FO, Jean-Claude Mailly, à 11 heures, qui sera suivi à midi par Jacques Voisin, président de la CFTC, et une demi-heure plus tard par Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa. Ces entretiens sont la droite ligne de ce que Nicolas Sarkozy avait annoncé pendant la campagne électorale : il avait indiqué avant le second tour qu'il recevrait "la première semaine" après son élection "les partenaires sociaux pour préparer quatre grandes conférences : sur la démocratie sociale, la parité des salaires hommes-femmes, le contrat de travail unique et le pouvoir d'achat, et les 35 heures". Et son probable futur Premier ministre François Fillon avait indiqué, le 30 avril, que les premières rencontres devaient servir à "fixer la méthode, l'agenda et le calendrier" des réformes qu'il envisageait en cas d'élection.
Service minimum dans les transports
Les rencontres se déroulent dans les locaux provisoires du président élu, au 35 rue Saint-Dominique, à Paris. Aucun ordre du jour n'a été présenté aux confédérations syndicales. Mais des dossiers lourds sont déjà sur la table. Dès le lendemain de son élection à l'Elysée, les syndicats ont prévenu Nicolas Sarkozy qu'ils le jugeraient "sur les actes", l'avertissant que toute précipitation ou "passage en force" sur les sujets sensibles (service minimum, retraites...) risquaient de se solder par "un effet boomerang".
Pour sa part, avant le premier tour, Nicolas Sarkozy avait martelé son intention d'instaurer par la loi, dès juin, un service minimum dans les transports en cas de grève. Il s'était ensuite fait plus prudent, annonçant une loi "avant décembre 2007" si le ministre des Transports et les syndicats n'avaient pas trouvé d'accord sur le sujet avant début septembre. Sur les retraites, il veut "réformer les régimes spéciaux" dès 2008, et sur les 35 heures, il prévoit une loi de détaxation des heures supplémentaires dès cet été.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





