© Photothèque de La PosteLes postiers européens étaient appelés à une journée d'action ce mercredi, à l'initiative de la fédération syndicale Uni-Europa, contre la libéralisation du service postal prévue à partir de 2009. Leur mobilisation est allée jusqu'à la grève dans plusieurs pays. En France, ils étaient 250 postiers, selon les syndicats, à s'être rassemblés mercredi à Paris devant la Poste du Louvre. Selon la direction, 2,2% de grévistes avaient été dénombrés au niveau national à la mi-journée, n'entraînant que très peu de perturbations.
La colère se cristallise sur une directive de la Commission européenne proposant l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 2009 de la distribution des lettres de moins de 50 grammes, dernière chasse gardée des monopoles historiques. Les 27 ministres européens en charge des télécommunications se réunissent jeudi à Luxembourg, pour discuter de cette directive.
La libéralisation du secteur a été engagée il y a près de 10 ans avec l'ouverture à la concurrence des envois de plus de 350 grammes. Le mouvement s'est ensuite poursuivi avec les plis de plus de 100 g en 2003 puis ceux dépassant 50 g en 2006. L'Allemagne, qui préside actuellement l'Union européenne, souhaite arriver à un compromis avant la fin juin sur les lettres de moins de 50 grammes, mais cet objectif paraît peu réaliste, trop de divergences existant entre les Etats membres. De nombreux pays, dont la France, refusent en effet une libéralisation totale dès 2009 et réclament un délai supplémentaire.
Craintes de suppressions de postes et de hausses des tarifs
Pour Uni-Europa Poste, "représentant plus d'un million d'employés de la poste, réunis en syndicats postaux dans tous les pays membres de l'UE", "les projets de l'UE vont se traduire inévitablement par une recrudescence des fermetures de bureaux de poste, des suppressions d'emplois à grande échelle et une course au moins-disant sur les salaires et les conditions de travail du secteur postal en Europe". En France, la CGT-PTT, la CFDT et FO, membres d'Uni-Europa, et la CFTC, appellent à des initiatives dans toutes les régions. Des préavis de grève ont été déposés, et un rassemblement est prévu à Paris devant la Poste du Louvre. L'Unsa-Poste soutient la journée d'action.
La CGT, premier syndicat de la Poste, redoute notamment une augmentation des tarifs pour le consommateur et la fin du prix unique du timbre. Pour Jacques Lemercier (FO), "on fait pression pour repousser la discussion à 2011, car il y aura des milliers de suppressions d'emplois dans la filière courrier". Christian Illy (CFDT) s'inquiète de son côté du financement du "service universel postal", sorte de service minimum postal garanti, si le monopole des lettres de moins de 50 g n'est pas maintenu.
En novembre 2006, une grève sur le même sujet avait mobilisé entre 17% et 45% de grévistes. En Allemagne, quelque 30.000 postiers de Deutsche Post ont déjà défilé le 14 mai.
D'après agence
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