Xavier Bertrand lors de l'ouverture de la discussion à l'Assemblée sur le projet de loi sur le service minimum, le 30 juillet 2007 © TF1/LCIUn texte "choquant", et "hypocrite". C'est ainsi que les députés socialistes ont qualifié le projet de loi sur le service minimum dans les transports publics terrestres, discuté à l'Assemblée depuis lundi. Dès l'ouverture de la séance mardi après-midi, les groupes de gauche ont d'ailleurs demandé une suspension de séance "d'une demi-heure" afin de rencontrer les quelque 1000 personnes rassemblées aux abords du Palais-Bourbon à l'appel des syndicats. "Ce texte est d'abord choquant à cause de la période où il est examiné. Nous sommes le 31 juillet, en pleine période de vacances, et le gouvernement fait passer un texte qui concerne le droit de grève", a déclaré le député socialiste André Vallini, lors du point de presse hebdomadaire du groupe. "Nous, les députés socialistes, nous sommes là. Nous ferraillons contre un texte d'affichage, un texte hypocrite, qui laisse croire aux Français qu'une fois ce projet voté, il n'y aura plus de grève parce que le service minimum sera assuré."
Comme plusieurs syndicats, la CGT en tête, le groupe conteste notamment l'obligation pour les salariés de se déclarer grévistes 48 heures avant le début du conflit. "Il y a une espèce de dissuasion dans ce texte à l'égard du salarié", a-t-il assuré, confirmant par ailleurs la saisine du Conseil constitutionnel par son groupe après l'adoption définitive du texte jeudi. Dans un communiqué, le Parti socialiste a également affirmé que le projet de loi ne répondait pas aux problèmes rencontrés par les usagers des trains ou du métro. "Seuls 3% des incidents ayant entraîné une perturbation du trafic sont liés à un mouvement social ou à une grève (...). [Le gouvernement] ferait mieux de s'attaquer aux 97% d'incidents imputables à des incidents techniques, des problèmes de vétusté du matériel et l'absence de personnels."
Marier le droit de grève avec la liberté d'aller et venir
Dans la matinée, Xavier Bertrand a assuré que le projet de loi "respecte le droit de grève". Sur RTL, le ministre du Travail a précisé qu'il doit être "possible de marier ce droit de grève avec d'autres principes, aussi importants d'un point de vue constitutionnel, comme la liberté d'aller et venir, le fait de pouvoir aller travailler, la liberté d'accès au service public". Pour lui, c'est le cas du projet de loi, d'autant que "le Conseil d'Etat a examiné ce texte (...), il n'aurait pas laissé passer n'importe quoi".
Le ministre a par ailleurs assuré que la question de l'extension du service minimum à d'autres services publics ne se posait pour l'instant pas. "Le texte est sur le transport public de voyageurs, pour le reste il n'y a aucun tabou, mais il y a un préalable", a-t-il déclaré. "On doit réformer avec la concertation comme préalable, vous ne prenez pas une disposition sans en parler aux intéressés." Le président du groupe UMP Jean-François Copé a pourtant jugé "très intéressants" les amendements de députés UMP souhaitant étendre le service minimum aux autres transports publics. Dans un entretien publié mardi dans le journal La Croix, il a ainsi souhaité un débat "sans tabou dans l'hémicycle".
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