Les viticulteurs prônent un arrachage "temporaire"

le 04 juillet 2007 à 16h20 , mis à jour le 04 juillet 2007 à 16h39

Ils sont globalement mécontents des propositions de réforme de l'OCM (organisation commune de marché) du vin présentées par Bruxelles mercredi.

TF1/LCI : Un vigneron inspectant sa vigneUn vigneron inspectant sa vigne © TF1/LCI

Les viticulteurs français sont globalement mécontents des propositions de réforme de l'OCM (organisation commune de marché) du vin présentées par Bruxelles mercredi. Ils souhaitent une politique plus "audacieuse et conquérante" sur un marché mondial en pleine expansion. Le principal reproche adressé par les viticulteurs français est l'orientation "ultra-libérale" de la Commission européenne visant, selon eux, à la mise en place de "vins industriels" alors qu'ils plaident pour le "maintien d'outils de régulation".

Plus d'infos

 
Jérôme Despey, le président du conseil vin de Viniflhor (Office de la viticulture, des fruits et légumes et de l'horticulture), estime "incohérente" la volonté de libéraliser les "droits de plantation" dans l'UE après 2013. Alors que dans le même temps, on supprime le financement (actuellement 500 millions d'euros par an) de la distillation en alcool qui permet d'éliminer les excédents de vins. 
 
"Volontaire" et "temporaire"
  
Les viticulteurs français souhaitent également que l'arrachage de 200.000 hectares de vignes prôné par Bruxelles soit "volontaire" et "temporaire", c'est-à-dire donner la possibilité de replanter au même endroit si le marché se redressait. Pour inciter les vignerons français à quitter la profession - 130.000 ha de vignes ont été arrachés en 15 ans dans la seule région Languedoc-Roussillon -, les organisations viticoles misent beaucoup sur un décret français qui favorisait le départ en préretraite.

A partir de 57 ans et jusqu'à 62 ans, les viticulteurs recevraient, en plus de leurs primes d'arrachage, 12.000 euros par an, selon Jérôme Despey. Reste à obtenir la parution de ce décret par le nouveau gouvernement, peu favorable aux préretraites, mais qui aurait assuré qu'il ferait une exception pour les viticulteurs. 

"Des solutions encore mal adaptées", selon Barnier

Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé, mercredi, que le projet de réforme du secteur vinicole de l'UE présenté par Bruxelles comportait "des orientations nouvelles, mais des solutions encore mal adaptées". "Autant la France peut partager les principaux objectifs de cette réforme, autant d'importantes divergences apparaissent quant aux moyens mis en oeuvre pour les atteindre", a-t-il déclaré. Pour l'ancien commissaire européen, "cette réforme ne pourra être acceptée par la France que si elle prend en considération les intérêts bien compris de la filière viticole française et européenne". "La proposition de la Commission contient un certain nombre de dispositions qui ne sont pas acceptables dans la mesure où elles vont clairement à l'encontre des intérêts de la viticulture française et européenne et des objectifs de compétitivité", indique le ministre.

 
(D'après agence)
le 04 juillet 2007 à 16:20
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5 Commentaires

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  • Az, le 05/07/2007 à 08h56

    Ils ont qu'à nous vendre leurs terrains pour construire au lieu de se les garder de génération en génération et de tout de même pleurnicher sans cesse.

  • Michel, le 04/07/2007 à 22h59

    Je ne suis pas vraiment amateur de vin, mais c'est vraiment une honte de faire çà. Un massacre !

  • Vastre, le 04/07/2007 à 18h24

    L'arrachage provisoire de la vigne est un excellente idée pour diminuer la production : il suffit d'arracher chaque année au printemps et de replanter à l'automne. Plus sérieusement, il faut considérer que l'arrachage en France est une délocalisation car d'autres pays, produisant à moindre coût, vont planter et produire hors loi Aubry et système social trop contraignant.

  • Braballand, le 04/07/2007 à 17h27

    Rétablir d'urgence le pinard dès la maternelle; interdit de fumer au travail mais pas de boire..

  • Jacques, le 04/07/2007 à 17h09

    On va arracher des vignes en France et on va en planter en Chine. On m'avait dit il y a plus de 30 ans que le destin de la France était de devenir un gigantesque parc de Loisirs, on a liquidé notre agriculture, notre industrie, on va fermer nos biscuiteries, on a liquidé nos chaussures, notre habillement, maintenant notre vin, je pense qu'effectivement il ne nous restera bientôt plus que des emplois liés au tourisme ! Marne la vallée deviendra France la Vallée !

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