Un vigneron inspectant sa vigne © TF1/LCILes viticulteurs français sont globalement mécontents des propositions de réforme de l'OCM (organisation commune de marché) du vin présentées par Bruxelles mercredi. Ils souhaitent une politique plus "audacieuse et conquérante" sur un marché mondial en pleine expansion. Le principal reproche adressé par les viticulteurs français est l'orientation "ultra-libérale" de la Commission européenne visant, selon eux, à la mise en place de "vins industriels" alors qu'ils plaident pour le "maintien d'outils de régulation".
Des viticulteurs entre désespoir et violence
Des incidents violents ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi plusieurs centaines de viticulteurs aux forces de l'ordre entre Pezenas et Béziers.
Publié le 26/11/2009
Jérôme Despey, le président du conseil vin de Viniflhor (Office de la viticulture, des fruits et légumes et de l'horticulture), estime "incohérente" la volonté de libéraliser les "droits de plantation" dans l'UE après 2013. Alors que dans le même temps, on supprime le financement (actuellement 500 millions d'euros par an) de la distillation en alcool qui permet d'éliminer les excédents de vins.
"Volontaire" et "temporaire"
Les viticulteurs français souhaitent également que l'arrachage de 200.000 hectares de vignes prôné par Bruxelles soit "volontaire" et "temporaire", c'est-à-dire donner la possibilité de replanter au même endroit si le marché se redressait. Pour inciter les vignerons français à quitter la profession - 130.000 ha de vignes ont été arrachés en 15 ans dans la seule région Languedoc-Roussillon -, les organisations viticoles misent beaucoup sur un décret français qui favorisait le départ en préretraite.
A partir de 57 ans et jusqu'à 62 ans, les viticulteurs recevraient, en plus de leurs primes d'arrachage, 12.000 euros par an, selon Jérôme Despey. Reste à obtenir la parution de ce décret par le nouveau gouvernement, peu favorable aux préretraites, mais qui aurait assuré qu'il ferait une exception pour les viticulteurs.
| "Des solutions encore mal adaptées", selon Barnier |
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé, mercredi, que le projet de réforme du secteur vinicole de l'UE présenté par Bruxelles comportait "des orientations nouvelles, mais des solutions encore mal adaptées". "Autant la France peut partager les principaux objectifs de cette réforme, autant d'importantes divergences apparaissent quant aux moyens mis en oeuvre pour les atteindre", a-t-il déclaré. Pour l'ancien commissaire européen, "cette réforme ne pourra être acceptée par la France que si elle prend en considération les intérêts bien compris de la filière viticole française et européenne". "La proposition de la Commission contient un certain nombre de dispositions qui ne sont pas acceptables dans la mesure où elles vont clairement à l'encontre des intérêts de la viticulture française et européenne et des objectifs de compétitivité", indique le ministre. |
(D'après agence)
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