Xavier Darcos, le 23 août 2007 © TF1/LCIAu lendemain de l'annonce par Xavier Darcos du non-remplacement de 11.000 fonctionnaires dans l'Education nationale, le ministre a confirmé jeudi sur LCI que "la rentrée 2007 n'est pas du tout concernée", puisque ces suppressions seront inscrites au budget 2008. Le ministre de l'Education nationale a expliqué que parmi ces 11.000 postes supprimés, 80% concerneraient les professeurs, les 20% restant affectant les personnels administratifs.
Xavier Darcos a toutefois assuré que ces suppressions ne concerneraient pas l'enseignement du 1er degré, à savoir les écoles maternelles et primaires. Du fait de l'augmentation du nombre d'élèves à ces niveaux, 750 professeurs supplémentaires seront d'ailleurs recrutés, a annoncé le ministre. Les collèges et les lycées sont donc ceux qui paieront le plus. Des suppressions ne postes qui concerneront aussi bien les établissements publics que privés, a expliqué Xavier Darcos, qui assure toutefois qu'il n'y aura "pas de diminution de la qualité du service".
"Moins de 1% des fonctionnaires"
Le ministre a également relativisé l'importance de ces suppressions de postes puisque 11.000 postes, cela représente 1% des fonctionnaires, a-t-il souligné. "On ne manque pas de professeurs", a par ailleurs estimé le ministre dans une interview accordée à Paris Match, évoquant "83 enseignants pour 1.000 élèves dans le secondaire, contre 66 en Allemagne et 60 au Royaume-Uni". "C'est leur répartition qui pose problème", poursuit-il, citant le chiffre de "500 professeurs d'allemand sans élève".
Mais pour le Parti socialiste, ces suppressions ont pour conséquences d'"amplifier la démolition" de l'Education nationale, "déjà amputé durant les cinq années précédentes de 50.000 postes, dont 30 000 d'enseignants". Le Sgen-CFDT estime pour sa part, dans un communiqué, que ces suppressions représentent une "saignée" après "plusieurs années de purge". "Où est la rupture annoncée ? Où est l'ambition pour le système éducatif ?", se demande-t-elle, avant de rappeller que les fédérations de l'Education se réuniront jeudi prochain.
De son côté, le SNES-FSU promet une réponse à l'annonce du gouvernement, qu'il qualifie "d'agression". "Face à un projet qui ne peut être vécu que comme une véritable agression contre l'Education nationale, le SNES contribuera à construire avec détermination une réponse la plus unitaire possible, associant les personnels et les parents d'élèves", a indiqué le syndicat.
En primaire, environ 15% d'élèves en grande difficulté |
Un rapport du Haut conseil de l'Education, qui sera rendu public lundi, montre qu'environ 15% des élèves du primaire ont de grandes difficultés dans l'apprentissage des fondamentaux, dont la lecture (voir la vidéo). "Ce rapport nous alerte sur les très mauvaises performances des élèves en lecture et dans les apprentissages fondamentaux", a commenté l'entourage de Xavier Darcos en notant cependant que "l'évaluation du HCE se fonde sur des analyses et des données bien connues mais relativement anciennes, de 1997 à 2003". |
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