Conseil constitutionnel © TF1/LCIIl n'avait pas été saisi sur cet article, mais s'en est auto-saisi. Le Conseil constitutionnel a invalidé jeudi l'article 5 de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat, dite ‘paquet fiscal'. Celui-ci instituait un crédit d'impôt pour les intérêts payés au titre des 5 premières années de remboursement de prêts immobiliers contractés pour l'achat d'une résidence principale.
Les Sages ont "jugé que cet avantage qui est précisément encadré, répond pour les prêts futurs à un objectif d'intérêt général qui est de favoriser l'accession à la propriété". "Il n'en va pas de même pour les prêts déjà accordés, car par définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son habitation principale", selon le Conseil. "Il s'agit alors d'un soutien au pouvoir d'achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale." Le coût de cette mesure, "7,7 milliards d'euros, fait supporter à l'Etat des charges manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu", a estimé la haute juridiction. Pour les prêts déjà accordés, le Conseil constitutionnel a donc censuré cette disposition pour "rupture de l'égalité entre contribuables".
Fillon contre-attaque
Le gouvernement proposera "dans les prochains jours" un nouveau dispositif permettant aux Français ayant déjà souscrit un emprunt immobilier de bénéficier d'exonérations fiscales, a aussitôt annoncé François Fillon. "Le gouvernement tiendra les promesses du projet présidentiel en matière d'accès des Français à la propriété", souligne Matignon. La rétroactivité de la mesure avait valu aux ministres Eric Woerth (Budget) et Christine Boutin (Logement) de se faire "recadrer" par Nicolas Sarkozy, quand ils l'avaient annoncée en mai.
Le Conseil constitutionnel a en revanche validé les autres articles de la loi du texte adopté définitivement le 1er août, ceux pour lesquels les parlementaires socialistes l'avaient saisi : les articles 1 (sur les heures supplémentaires), 11 (sur le bouclier fiscal) et 16 (exonérations d'ISF pour les investissements dans les PME). Le Conseil les a jugés conformes à la Constitution. De même que la loi instaurant un service minimum dans les transports terrestres de voyageurs, adoptée définitivement le 2 août, qui, selon les Sages, ne porte pas atteinte à l'exercice du droit de grève.
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