La France échappera-t-elle au dégraissage d'Unilever ?

le 03 août 2007 à 10h14 , mis à jour le 03 août 2007 à 12h31

Le PDG d'Unilever se veut rassurant : pas question d'abandonner la France. Mais les syndicats ne sont guère convaincus.

TF1 / LCI Le logo d'UnileverLe logo d'Unilever © LCI

Unilever va bien... mais licencie pour aller mieux encore. Fidèle à sa stratégie visant à se concentrer sur les secteurs les plus porteurs et les produits les plus rentables, le groupe anglo-néerlandais a annoncé jeudi son intention de supprimer 20.000 emplois dans le monde dans les quatre ans, sur un total de 179.000 - une décision aussitôt saluée par une forte hausse du titre en Bourse. Mais Unilever tient à rassurer ses employés au sein de l'Hexagone : le groupe "n'a pas l'intention d'abandonner la France", affirme son PDG dans un entretien au Figaro.

Même si le programme "n'est pas complètement abouti" en particulier sur la question de savoir quels pays seront touchés en priorité, Patrick Cescau juge que la France est "un pays très important pour nous", bien que "le rythme annuel de 1,5% de croissance dans l'Hexagone soit encore bien au-dessous de la moyenne du groupe". En France, Unilever dispose de 10 sites de production au total et emploie 4500 personnes. Les principales usines sont situées en Alsace, près de Strasbourg, à Dijon, près de Marseille ou en Normandie.

Il est vrai qu'Unilever France avait déjà annoncé, en mai, un projet de réorganisation sur trois ans qui prévoit notamment la suppression de 200 postes à son siège français de Rueil-Malmaison : la division française du groupe estime donc être "en avance" sur le plan de suppression d'emplois à l'échelle mondiale. Mais les assurances du PDG n'apaisent pas les inquiétudes des syndicats.

"Que faut-il faire de plus?"

"Je pense qu'ils mentent", affirmait vendredi matin un délégué syndical d'Unilever France interrogé sur France Info. A Duppigheim, dans le Bas-Rhin, les salariés, qui ont encore reçu jeudi des félicitations pour les excellents résultats du site, sont pessimistes : "Certains indices comme la délocalisation de la recherche et du développement en Pologne nous font penser que la fin est proche", explique Léa Vaché, déléguée CGT. Selon elle, "c'est l'Europe de l'Ouest qui va dérouiller car il est certain qu'ils ne vont pas fermer les usines à l'Est qu'ils viennent d'ouvrir". A Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, un autre délégué de la CGT, Olivier Leberquier, s'interroge sur le prix à payer par les salariés pour maintenir des emplois en France : "On parle beaucoup du coût du travail en France mais il faut savoir que sur une boîte de sachets de thé vendue entre 1,70 et 2,40 euros, le coût des salaires, charges comprises, des salariés de Gémenos est à peine de 14 centimes. Que faut-il faire de plus?"

D'après agence

Unilever en France

Uniliver possède dix sites de production en France:
- Pacy-sur-Eure (Eure): fromage Boursin
- Compiègne (Oise): dentifrice Signal et shampoings
- Duppigheim (Bas-Rhin): soupes Knorr
- Ludres (Meurthe-et-Moselle): sucres vanillés et gâteaux Alsa, Maïzena
- Appoigny (Yonne): cornichons Amora et Maille
- Dijon (Côte d'Or): moutardes et sauces Amora et Maille
- Chevigny (Côte d'Or): moutardes, herbes aromatiques et condiments
- Saint-Vulbas (Ain): tablettes de lave-vaisselle Sun
- Gemenos (Bouches-du-Rhône): thés Lipton
- Saint-Dizier (Haute-Marne): glaces Miko, Carte d'Or, Cornetto
Beaucoup d'autres produits Unilever - présents au nombre de 4 à 6 en moyenne dans les maisons et appartements français - fabriqués hors de France sont mondialement connus comme les lessives Omo, Persil, Skip, les glaces Magnum, Ben et Jerry's, la margarine Fruit d'Or, les savons Dove ou les déodorants.

le 03 août 2007 à 10:14
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