SFR : grève funéraire

Par A.D (avec agence), le 01 août 2007 à 16h17 , mis à jour le 01 août 2007 à 18h14

La cession des trois centres d'appel de deux sous-traitants est devenue effective mercredi.

TF1/LCI SFRSFR © TF1/LCI

Environ quatre-vingt salariés du service clients de Poitiers et une cinquantaine de celui de Toulouse ont fait grève mercredi pour protester contre le transfert des centres d'appel SFR à des sous-traitant : Teleperformance pour les sites de Lyon et Toulouse, et la Division Arvato Services (filiale du groupe allemand Bertelsmann) pour celui de Poitiers.
 
Alors qu'à Toulouse la grève était plutôt conventionnelle, à Poitiers, elle a pris des allures de marche funéraire. Vêtus de noir, les manifestants portaient un cercueil, une urne et une couronne sur laquelle était écrit "A la mémoire des 1900". On pouvait lire "1900 salariés sacrifiés pour 3 euros" sur des banderoles et ils ont également distribué des faire-part annonçant le décès du service client SFR survenu brutalement le 1er août 2007. 

Une prime de 3500 euros et une formation comme compensation

Depuis que la direction de SFR a annoncé l'externalisation des 3 centres à deux sous-traitants, l'inquiétude s'est installée chez les salariés. "Une perte de salaire de 40% et une dégradation des conditions de travail sont à craindre", selon les responsables syndicaux. Les arrêts maladie se sont multipliés et une salariée de Poitiers a même tenté de se suicider le 22 juillet dernier (lire notre article "Nos vies ne valent-elles pas plus qu'un euro?"). La CGT avait d'ailleurs obtenu la présence d'un psychologue sur le site de Poitiers.
 
Malgré la fronde sociale, la direction n'a pas plié et a confirmé mi-juillet l'externalisation, s'appuyant sur une décision de justice en sa faveur. Les sous-traitants se sont engagés à garder les 1900 employés concernés par les trois sites pendant trois ans au moins. SFR a mis en place des mesures d'accompagnement : une prime de 3500 euros et une formation pour les candidats prêts à partir ont été négociée avec deux syndicats, FO et la CFE-CGC. Arvato services s'est engagé mercredi à "apporter des réponses précises quant à l'avenir professionnel des (571) salariés" concernés.

Par A.D (avec agence) le 01 août 2007 à 16:17
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2 Commentaires

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  • Laurent, le 01/08/2007 à 17h46

    Malheureusement on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre: Comme consommateur avec des prix que l'on veut toujours plus bas, et comme travailleur avec toujours les mêmes avantages. L'économie c'est malheureusement mathématique et chaque entreprise réduit ses couts de façon à capter des parts de marchés. Parmis ces personnes en grève combien s'habillent avec des vêtements faits en chines, achètent des outils asiatiques, sans se préocuper des pme qui ferment en France?

  • Thierry, le 01/08/2007 à 17h33

    SFR doit sa notoriété à son personnel et je ne pense pas que ces gens bradés à un sous-traitant spécialiste du centre d'appel vont être aussi motivés, perte de salaire d'avantages sociaux (CE etc..) de perspectives et cadences de sous traitant ne vont que pousser les moins rentables vers la porte. Mais il faut rester confiants la délocalisation à l'étranger n'est pas encore annoncée, au moins avec si peux de francophones dans le monde nous sommes épargnés, ce qui n'est pas la cas des britanniques (centres d'appels en Inde).

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