© TF1-LCILe souvenir du grand mouvement de 1995 contre le plan Juppé n'est pas loin. L'appel à la grève est lancé pour la SNCF : cinq fédérations de cheminots (la CGT, FO, la CFTC, Sud Rail et la CGC) ont arrêté la date du 18 octobre pour cette mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux. La CFDT-cheminots s'est jointe au mouvement jeudi matin, "après consultation de ses instances". La grève, prévue mercredi soir pour le 17 octobre, a finalement été reporté au 18 octobre, pour respecter la Journée mondiale du refus de la misère. "Nous n'avions pas mercredi connaissance d'un rassemblement qui est prévu place du Trocadéro à Paris pour cette journée contre la misère. Des gens s'y rendront en train. Nous sommes solidaires de cette manifestation et refusons d'alimenter les divisions de la société", précise la CGT.
Alors que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a débuté une concertation qui devra durer deux semaines afin de préciser "les principes communs de l'harmonisation" des régimes spéciaux avec le régime de la fonction publique, conformément à ce que lui a demandé le chef de l'Etat, l'UNSA, la CFDT et la Fgaac (agents de conduite) vont consulter leurs instances avant de décider de leur éventuelle participation.
"Beaucoup de sujets d'insatisfaction"
Les syndicats de cheminots doivent se retrouver prochainement pour décider des modalités de la grève (24 heures ou reconductible). Avec déjà l'idée d'étendre le mouvement dans tous les transports, voire au-delà. Pour l'heure, à la RATP, les syndicats restent sur une position d'attente vigilante. Ils n'appellent pas à la grève dans l'immédiat, mais n'écartent pas une mobilisation prochaine. "Les salariés sont en attente de propositions du ministre du Travail et de la RATP. On est dans le principe d'un rassemblement et d'une information aux salariés", a déclaré jeudi Didier Lepahin (UNSA-RATP, 2e syndicat à la RATP), au terme d'une réunion de plus de deux heures.
En revanche, hors du domaine des transports, FO-Energie, 3e syndicat dans le secteur, a aussi appelé les électriciens et gaziers à faire grève le 17 octobre. Mercredi soir, les autres syndicats de l'Energie ont déclaré "ne pas exclure" une mobilisation. Ils se reverront "dans les jours qui viennent pour arrêter un processus de mobilisation et d'action avec des temps forts à la hauteur des enjeux", ont-ils annoncé. Si le porte-parole de la CGT Mines-Energie, Maurice Marion, a précisé que ces fédérations "envisageaient" de se mobiliser "contre la réforme des régimes spéciaux", il y a dans le secteur de l'énergie d'autres sujets de mécontentement : la fusion Suez-GDF et la privatisation de GDF, notamment.
Le front syndical est-il en passe de se constituer, comme lors du mouvement contre le plan Juppé ? "1995, c'était 1995 : je sais que l'histoire ne repasse pas les plats de la même façon mais il y a quand même beaucoup de sujets d'insatisfaction et de mécontentement", a estimé mercredi soir Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots. "Nous ne sommes pas entendus de la part de la direction de la SNCF et du gouvernement, une intervention des cheminots est donc nécessaire pour (...) imposer d'autres choix", a-t-il ajouté, en espérant que "cette journée nationale de grève puisse aussi aider à construire des mobilisations interprofessionnelles".
D'après agence
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